Acculé au 2nd trimestre par une baisse du PNB taiwanais de 2,4%, une chute de 30% des commandes électroniques US, et devant faire face à un scrutin parlementaire crucial au 1er décembre 2001, le Président Chen Shui-bian vient de suivre l’avis de son Conseil de Développement Economique (créé par lui-même) : après 52 ans de rupture, il offre à Pékin de rouvrir les liens directs (air, mer, télécom), d’abroger le plafond de 50M$ par projet taiwanais en Chine, et de laisser ses banques s’y établir. Majoritaire, le Kuo Min Tang (KMT) soutient le projet et veut le voter avant les élections.
Cette offre met la Chine dans l’embarras: en principe, elle satisfait une vieille demande de sa part et d’autre part, Pékin est précisément en quête de toute mesure susceptible de relancer son économie, face à la récession, son principal danger. Pourtant, sa réponse le 28 septembre 2001, a été rien moins que fraîche: «Taiwan doit d’abord reconnaître sa formule d’une Chine unique» – fin de non recevoir. Question de principe, agrémentée d’une arrière-pensée: il ne faut rien risquer qui renforce, lors du scrutin, la position de Chen et du Democratic Progressive Party (DPP), son Parti indépendantiste. Pour Pékin, nul doute, le pari de Chen est forcé par le business insulaire, qui aurait placé en Chine, depuis 12 ans, 60MM$, et dont les seuls investissements légaux (évalués au quart des invests non déclarés), ont augmenté en 2000 de 108% à 2,54 MM$. Les milieux d’affaires voient Taiwan comme la base de services pour l’hinterland de la côte Est, comme HK à Canton. Autrement dit, la Chine peut se permettre d’attendre !
Pendant ce temps, l’APL poursuit des manoeuvres sur l’île de Dongshan (Fujian), et concentre des troupes à Shantou (Guangdong), pour d’autres exercices jusqu’en octobre. Mais ces régions sont aussi celles les plus infestées de scandales et de triades -la question étant de savoir, à qui s’adresse l’avertissement!
Sommaire N° 28