«L’OVNI de la capitale millénaire a jailli du ciel pour allumer la flamme glorieuse de la jeunesse» (Quotidien de la Jeunesse, 23/08/2001)… Dans les mois précédant la sélection des JO de 2008 (13/7), Pékin avait vécu sous une fièvre martiale pour défendre les chances de sa candidature. Loin de mourir après la victoire, l’engouement n’a fait que se renforcer pour les 21. Universiades (22/08 – 01/09), plus grande fête du sport jamais tenue sur sol chinois: plus de 7000 athlètes de 166 pays se sont affrontés dans 12 disciplines, relayées par les médias nationaux -mais peu, hors du pays, vu la cote encore modeste de ce RV. Contrairement aux autres fédérations mondiales, qui réservaient leurs meilleurs hommes à d’autres critériums estivaux, la Chine avait lancé ses réserves : ses espoirs ont trusté 54 médailles d’or sur 171, brillants en plongeon, en ping-pong, mais aussi en escrime, et se permettant de battre les US en basket (championnat remporté par la Yougoslavie).
«Nos amis du monde entier» ont donc goûté la défaite, mais aussi la fête en leur honneur – on les vit tant sur la cendrée que dans les boîtes, les marchés de souvenirs et les plateaux télévisés.
Les moyens déployés furent grandioses, surtout la cérémonie d’ouverture -leur importance suggéra parfois une fête compensatoire, pour le cas où Pékin eût dû essuyer un revers Olympique. Par milliers en ville, flottaient les banderoles. En tenues flamboyantes, 40.000 bénévoles des universités, écoles et casernes, recevaient l’hôte dans la langue de Venus Williams. Les stades avaient été restaurés, 7 gymnases et 1 village bâti, pour 120 M$: opération de prestige, sans espoir de profit.
Ces Universiades avaient un spectateur: Jacques Rogge, nouveau Président belge du CIO, qui a pu saluer les capacités locales à tenir des JO. L’essentiel, pour Pékin, étant de gagner en expérience. A quelques heures de l’ouverture, manquaient 1000 lits: les Universiades ont relogé ailleurs en ville leurs jeunes nationaux : geste de panache!
Sommaire N° 28