L’histoire nous plonge dans deux valeurs de la Chine, l’une immémoriale – le respect des rites confucéens, la piété due aux morts proches, l’autre trépidante: la course à la fortune. A Nankin, mme Zhang est agioteuse. Quand son mari trépassa inopinément, au lieu d’organiser veillée, visites,fleurs, fruits,encens, défilé en blanc et offrande ignée de fort multiples colifichets de papier destinés à adoucir l’existence du cher disparu dans l’éther éternel, elle arrangea une crémation sans fifres ni tambours dès le lendemain, qu’elle suivit seule. A peine eut elle signé le reçu, qu’elle se précipita, son sac de cendres sous le bras, au centre boursier, pour sacrifier à son vice invétéré. Frustrés d’une digne fête de recueillement, parents et amis réclamèrent des explications: ils en eurent: «elle n’avait fait» (sanglots dans la voix) «que se plier, malgré elle, aux pressantes dernières volontés du défunt», qui ne connaîtrait pas de repos, tant que les siens ne seraient hors du besoin, grâce à la Bourse! L’assistance regagna ses pénates, indécise: intrigante ou sainte, Mme Zhang? Impossible d’y voir clair, pour sûr !
Sommaire N° 24