Le 25/6, China Netcom a établi une alliance stratégique avec Singapore Telecom. Havre de technicité, Singapour détient nombre de QG «Asie»de groupes opérant en Chine: la synergie SingTel / Netcom veut reprendre les réseaux intranet entre les deux. Tournant l’interdiction aux étrangers (jusqu’à l’OMC), l’accord évite l’investissement direct par SingTel, qui achètera le service de Netcom et le facturera à ses clients. Ainsi, les deux groupes espèrent « ratisser » une part de l’ouverture internationale des télécoms chinois. Pour SingTel, évincé en 2000 de la bataille pour Cable &Wireless (HK), au profit d’un groupe inconnu, PCCW (de Richard Li Tsarkai, fils de Li Kashing, proche de Jiang Zemin), c’est l’entrée en Chine longtemps convoitée. Pour Netcom, c’est l’accès à la cour des grands internationaux. Né en 1999, Netcom a l’appui de la SARFT, de la CAS, du Ministère des Chemins de fer, de Shanghai, et peut-être surtout de Jiang Mianheng, le discret aîné du Président, présent dans des entreprises parmi les plus prospères, capital à risque et semi-conducteurs notamment.
Avec de tels parrains, Netcom a drainé plus de 3MM$ privés dont, en février, $325M d’un pool incluant News Corp., Goldman Sachs et Michael Dell (cf. VDLC no7/VI). Netcom a installé un réseau fibre optique large bande (40 giga/s), de 8,500 km entre 17 villes, qui concurrencera celui de China Telecom. Bien qu’il pense tirer ses 1ers revenus du transfert de données, Netcom est aussi un acteur de la téléphonie internet (IP): en baissant ses tarifs de 50% en 2000 (Pékin-New York à $0,28/min), il a obligé son rival Jitong à suivre. Par cette alliance, Pékin confirme son sérieux, avant l’entrée à l’OMC, dans sa volonté d’imposer une concurrence chinoise à China Telecom. C’est aussi une manière de compenser Singapour, l’allié «culturel», qui n’a pas toujours rencontré en Chine les succès qu’il était en droit d’attendre.
Sommaire N° 24