La pluie mi-juin sur la Chine du nord (30mm) n’a pas suffi à apaiser la terrible sécheresse qui affectait, le 10 juin, 28Mha (25% des sols plantés), 22,6M d’humains et 14,5M de têtes de bétail. De février à mai, seuls 49mm de pluie sont tombés, niveau le plus bas depuis 1950, causant la jachère de 4,3M ha et la perte de récolte sur 8.9M ha. Dans le pire des cas, au Liaoning, 360 des 900 réservoirs sont vides et la rivière Liao à sec depuis mai. A Tianjin, la nappe phréatique a baissé à -100m, et les 300 affluents de la Hai, dans la ville, ont disparu.
Les conditions sont donc mures pour l’entrée en scène des sauterelles, sur 7.7M ha dans 15 provinces -en dépit de la lutte menée par tous les moyens -ramassage, aspersion aérienne, ca-nards (1M lâchés au Xinjiang, où les locustes sont jusqu’à 10.000 au m²). Une incidence sur l’inflation est annoncée, due à une récolte et une production industrielle réduites!
Comme en 2000, la réponse des villes consiste dans le rationnement, et la fermeture de car wash et saunas. Dans le Hebei, 4.7M de gens sont mobilisés au forage de puits et la distribution d’eau. Pékin puise sur ses réserves profondes. Les paysans sinistrés reçoivent, outre la grâce d’impôt, du grain, des engrais et du fuel. Des centaines de villes et 20 provinces tentent d’ «ensemencer » les nuages à l’iodure d’argent (par avion, au canon, ou simplement par brûlis au sol), permettant des chutes de +10%… Expédients qui n’enraient pas la désertification au rythme de 2460 km²/an – le désert touche déjà 27.3% du territoire et 2.6Mkm² – une «Argentine»! Deux solutions de fond sont en route: sans date, l’ouverture de quotas par foyer, suivis de prix dissuasifs (jusqu’à 40Y/m3). Débute en 2002, le chantier d’un des 3 canaux de diversion du Yangtzé vers le Fl. Jaune. Avant toute chose, Pékin veut changer la perception de la valeur de l’eau, pour enrayer ce phénomène qui menace agriculture et industries au nord de la Chine -la croissance même !
Sommaire N° 23