Après avoir galopé durant cinq mois début 2001, les actions chinoises calent en juin. 1ère raison : très attendue, l’annonce (6/12) d’un cadre réglementaire aux ventes par l’Etat de ses titres d’Entreprises d’Etat, afin de renflouer le Fonds National de Sécurité sociale (cf VdlC n°4/VI). Désormais, 10% de tout nouveau titre d’EE en bourse chinoise ou étrangère, consistera en parts étatiques jusqu’alors hors- commerce, et ira au Fonds. Le produit de la vente réintégrera le marché, par le biais de fonds de pension gérés par des Cies chinoises voire étrangères (les décret. seront publiés en octobre par le Conseil d’Etat). Les investisseurs redoutent l’afflux de parts de l’Etat, qui dépasserait la capacité d’investissement et ferait chuter les cours.
Une 2de cause à la rare défiance du marché,tient à la répression subite de la fuite des devises vers HK(+90% en mars),visant l’achat (illégal) de parts «H» ( d’EE cotées à Hong Kong). Les agioteurs pensent aux parts «B», créées pour l’étranger, qui s’envolent (+200% depuis le 01 /6) depuis leur ouverture aux chinois, en route vers une fusion avec les «A». Ils croient pouvoir répéter l’opération avec les parts «H» (dont les valeurs sont à la traîne, face aux « A »), qui vont aussi devoir converger avec les « A ». Déferlant sur le «rocher» avec leurs valises de cash, ils ont fait fuser de +150% l’indice H en février-mai, avant de se calmer en juin, tandis que l’indice Hang Seng perdait 15% – belle performance !
Le tour de vis douanier a freiné le flux, mais ne l’endiguera pas, pour une raison simple : les parts «A» valent x60 leur rendement annuel, et les « H », x10, et la CSRC s’assure d’un maintien d’une vive valorisation boursière, pour renflouer les EE et la SS notamment. En clair, la seule manière pour Pékin de combiner tous ses objectifs boursiers, est de mener à bien son programme entamé de fusion des parts A, B et H -on est au milieu du gué!
Sommaire N° 23