Prenant sa source dans le Qinghai (sur sol ex-tibétain), le Mékong, 10e cours mondial (4.200 km) et artère nourricière de 150M de Chinois, Birmans, Thaïs, Laotiens, Cambodgiens et Vietnamiens, est menacé… par sa richesse en eau: son potentiel de 58.000Mw en fait depuis les années 1960 l’objet de bien des convoitises, attisées par les fournisseurs d’équipements et les banques internationales (BM, ADB).
En 1996, le Mékong portait 11 barrages hydroélectriques et le Laos, détenteur d’un tiers du potentiel, en prévoyait 50 sous 25 ans. Vinrent les crues suite au lancement des barrages de Pak Moon (Thaïlande) et Theun Hinboun (Laos), forçant les pays riverains, au sein de la Mekong River Commission (MRC), à découvrir le coût réel des barrages: le nord-Cambodge vit une crue/an et non plus une tous les sept ans. D’autres filières moins coûteuses et moins dommageables à l’environnement voient le jour, telle la centrale à gaz, dont la région abonde.
Insensible au virage présent, la Chine, dans son effort pour développer l’Ouest, poursuit l’implantation de projets sur le haut cours du Lancang (Mékong). Au Yunnan, 12 ouvrages en chantier, s’ajouteront à celui de Manwan (1.500 Mw). Au risque de préjudice aux pays en aval: à Vientiane (Laos), 60% des eaux du Mékong viennent de Chine. Retenant 169km d’eaux, le barrage de Xiaowan (Yunnan) fonctionnera en 2010. D’ici là, il sera technologiquement dépassé. Dès maintenant, bien des administrateurs en Asie du Sud-Est, se posent la question de l’avenir du cours d’eau commun, à cette échéance !
Sommaire N° 18