Argent : Atterrissage dur pour la moto chinoise

· Longuement attendue, la restructuration de l’industrie Aéronautique décolle. Le 27 avril 2003, la CAAC a confirmé qu’elle fusionnerait 10 compagnies en trois groupes qui contrôleront 82% du secteur. Dès accord du Conseil d’Etat, China Southern (Canton) absorbera Northern– et Xinjiang Airlines, et passera n°1 national avec 180 appareils, 34.100 jobs et 6MM$ de capital. China Eastern (Shanghai) reprendra Northwest et Yunnan Air, englobant 118 avions, 25.100 emplois et 5,7 MM$. Southwest et National Aviation (majoritaire dans Dragonair et Air Macao) passeront sous l’aile de Air China (Pékin), rassemblant 118 avions, 20.300 employés et 6,8MM$. Six petits groupes régionaux (Shandong-, Shanghai-, Wuhan-, Shenzhen-, Sichuan-air et China Postal) ont réagi en annonçant (30 avril) leur fusion en China Sky, 100 avions et 3,6MM$. On aboutit à quatre compagnies  dont la tutelle espère l’accès à la masse critique, des réductions de capacité, de personnel et de coûts, tout en entrant plus solides à l’OMC. La CAAC promet aussi -comme depuis cinq ans- de couper ses liens d’affaires avec les transporteurs et de devenir une vraie autorité de tutelle.

NB: on ignore le sort de Hainan Airlines, seul groupe vraiment profitable des dernières années, opposé à ces mariages forcés. L’opération ne dit pas non plus comment les transporteurs se débarrasseront de leur handicap n°1- l’esprit d’administration post-maoïste.

· La plus grande au monde (12M d’unités en 2000), l’industrie de la moto chinoise souffre. Par souci écolo et de circulation, 60 villes l’ont bannie -d’autres la taxent. Victime d’une croissance débridée dans les années 1990, elle vit le syndrome de l’excédent, avec 137 groupes, sans compter les 103 sans licence… Comme nouveau marché, le secteur compte sur les campagnes, où la demande doit doubler d’ici 2005. A l‘étranger, il a vendu 2M de motos en 2000. Mais les constructeurs tuent la poule aux oeufs d’or en s’adonnant à la sous-enchère des prix. En décembre au Vietnam, la 110cc se vendait 300$ contre 750$ en décembre 99: au détriment de la finition, du SAV et des pièces de rechange. La contrefaçon vrombissante dans la moto chinoise lui vaut une image bas-de-gamme : l’étranger se reporte vers la concurrence nippone, plus chère, mais plus sûre. Tentative de réplique: le Moftec (5 mars) a imposé à l’export des normes de qualité et des quotas. Mesure utile, mais qui ne permettra pas l’économie d’un grand chambardement – fusions, JV, faillites.

 

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