Editorial : Relations Chine/USA : Pékin tient la barre!

La crise sino-américaine est entrée dans sa 4ième semaine.

Deux jours de palabres à Pékin n’ont rien dénoué. Le 18 avril, les américains claquaient la porte après deux heures pour revenir le 19 ayant reçu la promesse qu’on discuterait la restitution de l’avion US. C’était pour se séparer sans accord – les USA repartaient les mains vides!

Pékin maintient fermeté, et étonnante placidité. Durant une part des 11 jours de détention de l’équipage, Jiang (n°1) était en Amérique Latine, Li Peng (N°2), Zhu (n°3) en province et Zhang Wannian, Chef d’Etat-major, en Australie.

Indice d’un style de gouvernement: le Politbureau a voté son analyse («accident», faute US»), ses exigences («des excuses»), et la suite s’est gérée «au mégaphone», entre les 2 Présidents!

Une cérémonie (20 avril) en l’honneur du pilote disparu Wang Wei, fermait la porte à tout compromis. Tout se passe comme si le Parti, l’APL et la fraction agissante de l’opinion se retrouvaient unis comme plus depuis longtemps derrière une image rassurante de la Nation: la tentation est grande, d’exporter ses problèmes -manière, au passage, d’évoquer ce qui se passerait, dût le régime souffrir déstabilisation ou humiliation!

A l’étranger, à court terme, cette ligne dure n’a pas nui à la Chine, qui y gagne en charisme, ayant su contraindre les USA à discuter du principe de leur espionnage aérien. Ceci explique en partie pourquoi à l’ONU, à Genève, la Chine a brisé la tentative (US) de discuter de ses Droits de l’homme – avec une voix de plus qu’en 2000.

Les dangers sont pour plus tard, si la Chine restait sur ses positions.

Pour l’heure, elle peut faire le plein de ses voix à l’intérieur et à l’extérieur, avant de lancer le geste conciliateur (en rendant l’avion, bien nettoyé), qui lui vaudra, à nouveau, l’image de modération.

Encore déconcertée, la Maison Blanche n’est pas prête à réagir, et ses conseillers veulent éviter tout risque, par exemple en livrant des armes sophistiquées à Taiwan, ou bien en refusant à la Chine, en 2001 les privilèges douaniers de la clause MFN.

Mais l’humeur n’est sereine ni à Washington, ni ailleurs en Asie (d’autant que la Chine vient d’arrêter le 5ème intellectuel sino-US – Wu Jianmin, 8 avril) : Lee Teng-hui, l’ex-Président taiwanais, vient de recevoir, en 24h, deux visas, malgré le souhait exprès de Pékin : un aux USA, un au Japon!

 

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