En octobre 2000, Shangluo (Shaanxi) se découvrit 1000 séropositifs sur 7000 paysans donneurs testés. Fin novembre à Wenlou (Henan), 300 séropositifs furent identifiés parmi les paysans, qui avaient vendu leur sang à des trafiquants sans scrupules ni matériel aseptisé. Ignorés par la presse, ces cas posaient la question de l’avancée du fléau en Chine. Le 1er décembre (Journée internationale du SIDA), Nanfang Zhoumou (Canton), en publiant l’interview d’un paysan contaminé, marqua un virage dans la manière d’aborder le sujet. En 2000, Pékin reconnaissait 20.000 cas. Aujourd’hui, elle en admet entre 600.000 et 1M.
Le 15 mars 2001, l’hebdomadaire du Sud refit parler de lui en accusant des cadres d’un hôpital militaire du Shaanxi de contrôler une bonne part des banques de sang de la province, personnages assez puissants pour bloquer toute enquête d’évaluation des cas, et toute action d’assistance aux villages frappés – puis pour se faire rayer des listes des responsables. Ceci, bien que le premier réseau de collecte clandestine dans le Shaanxi, eût été démantelé dès janvier 1997.
Aussi, de plus en plus de voix s’élèvent, réclamant la condition sine qua non pour enrayer le SIDA en Chine, tant qu’il en est encore temps -la transparence. Un autre risque pointe: celui d’une disparition de presque tous les dons de sang, et partant, d’une désastreuse paralysie des hôpitaux! NB: Le Henan annonce justement un plan pilote de Sécurité Sociale (SS) rurale à 10Y/foyer/an. Offre généreuse, mais probablement irréaliste – où trouver les fonds, dans une province pauvre, pour soigner quasi-gratuitement ces 70M de paysans, clients potentiels?
Sommaire N° 12