· avec imagination et rage de s’en sortir, la Chine de l’intérieur vient de réinventer le commerce ambulant. A Fenghuo (Hubei, près de Wuhan), en mars 2000, Secrétaire du Parti et directeur des finances proposaient à leurs 1500 paysans de reprendre collectivement, pour 1,2M$ (montant astronomique pour la région), 600 mètres de voie ferrée et quelques wagons: l’investissement a suffi pour doter le village, à très bas prix, d’un marché au gros de légumes et de viande. L’outil a connu le succès immédiat auprès des producteurs, grossistes et détaillants, heureux d’éviter les frais exorbitants d’octroi à l’entrée de Wuhan. Dès 2000, le marché de Fenghuo a réalisé 18M$ de contrats et 0,97M$ de profits. Le directeur des finances espère 2,4M$ de revenus par année d’ici trois à cinq ans. Serait-ce la parade des campagnes, aux taxes abusives de la ville?
· marché très porteur (8% du PIB en 2000), l‘immobilier est une des priorités du dixième plan, qui veut accroître la surface urbaine lotie de 10m2 par habitant fin 2000, à 23m2 par habitant en 2005. Presse et administration recensent les obstacles qui se dressent -sans grands changements depuis 12 mois: ¬ la mise en place d’une législation définissant mieux les droits et devoirs de l’acquéreur (notamment le titre de propriété); celle des prêts bancaires et de l’hypothèque. 5M de familles, d’ici 2005, auront accès à 60MM$ de crédit; ® le renforcement de la qualité (souvent trop basse) de la construction; ¯ la création d’un marché secondaire, qui reste embryonnaire, freiné par les points ¬ et ®. Enfin °, pour faire décoller l’immobilier, une hausse des salaires est indispensable.
· en août 2000, Huarong, structure de défaisance de l’ICBC avait épongé 75M$ de dettes du groupe Monkey King de Yichang (Hubei), et préparait la revente des 105M$ d’actifs à des investisseurs étrangers: c’était compter sans un «coup de Jarnac» de l’entreprise d’Etat qui (27 février 2001) déclarait la faillite auprès du tribunal de Yichang -sans prévenir Huarong- avec sur ses livres, seulement 45M$ de capital: elle avait fudichouxin, « retiré le bois sous la marmite », et offert ses actifs, allégés de toutes dettes, à la mairie de Yichang – ne permettant à Huarong de récupérer que 10% des dettes. L’Etat, victime, envisage de rayer Monkey King des firmes cotées en bourse! NB: le sujet préoccupe également la Banque Mondiale, dans son « rapport sur les faillites de EE en Chine » (19/03), qui réclame l’adoption immédiate des « amendements à la Loi de la Faillite », au placard depuis 1995 pour « préserver la stabilité sociale ». Faute d’un instrument efficace pour gérer les situations d’insolvabilité, et d’une protection minimale de ses investisseurs, c’est la croissance toute entière qui pâtira, avertit la Banque mondiale!
Sommaire N° 12