Et ce fut BP. Au terme d’une compétition haletante entre les finalistes Shell, Exxon Mobil et l’australien Woodside Petroleum, BP Amoco a été choisi comme partenaire étranger pour le premier complexe Gaz Naturel Liquéfié (GNL), à Shenzhen (616M$). Le groupe anglo-américain détiendra 30% de la JV, un consortium cantonais 31%, CNOOC 30%, et 2 firmes hongkongaises de génie civil 6%. BP paiera 180M$ dans la première phase (2002-2006), comprenant le terminal d’une capacité de 3Mt/ an et un gazoduc de 300km à travers le delta de la Rivière des Perles, dont la capacité sera portée en 2008 à 2Mt/an et la longueur 480km (seconde phase).
Ce succès couronne la persévérance de BP: fin 2000, le groupe avait investi 2,5MM$ dans des gisements pétrolifères et usines chimiques en Chine. Il avait aussi pris près d’1MM$ de parts dans Sinopec (avec qui il prépare une JV de 3MM$ d’éthylène à Shanghai) et Petrochina (avec qui il finalise une JV de 800 stations d essence dans le Fujian). BP pourrait aussi remporter le contrat de fourniture gazière à Shenzhen, à partir de gisements dont il détient des parts, au Nord-Ouest australien (sous-marin) et en Irian Jaya (Indonésie), pour un contrat de 500M$/an que Pékin veut allouer cette année.
Observateurs et concurrents malheureux estiment (c’est de bonne guerre) que des raisons politiques ont pu jouer dans ce choix. Mais la vie continue – d’autres projets attendent. Troisième marché mondial de l’énergie, Pékin anticipe une hausse de demande de 6% par année (contre 1,5% dans l’UE et 0,5% aux Etats-Unis) pour les années à venir, et pour remonter la pente écologique en réduisant la part du charbon, celle du gaz doit passer de 2% en 2001, à 8% d’ici 2010.
Le coup d’envoi des travaux du gazoduc de 4000km, Xinjiang/Shanghai (4MM$) est fixé entre septembre et décembre Les grands groupes seront tous au rendez vous – l’attribution du terminal GNL marque avant tout une fin symbolique: celle du monopole public, en terme d’approvisionnement énergétique.
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