Joint-venture : Alcoa – l’aluminium sera chinois, ou ne sera pas

• après avoir fait couler de l’encre en ouvrant (en 2000) tom.com, JV de e-business (VdlC n°6/V), le magnat hongkongais Li Kashing réoriente ses investissements vers des secteurs plus conventionnels. Hutchison Whampoa, son vaisseau-amiral va payer 121M$ pour 49% du terminal conteneurs de Beilun-Ningbo (Zhejiang). Avec une capacité annuelle de 700.000 EVP, Ningbo est un des six ports (10 en décembre 2001) à dépasser les 100Mt de fret dans l’année. Ce contrat consolide la position d’investisseur étranger n°1 dans les ports chinois de Hutchison. Les huit ports nationaux dans lesquels il détenait des parts ont trusté 25% du fret. En même temps que Beilun, Hutchison vise une majorité dans la troisième tranche du port de Yantian-Shenzhen. Ceci a induit le Ministère des Communications à interdire désormais les prises de contrôle d’outil portuaire par « l’étranger ». Décision non rétroactive: Hutchison conservera ses majorités dans les deux premières tranches de Yantian! NB: il peut être utile de rappeler que le consortium Hongkongais n’a pas infligé ce genre de souci qu’à la Chine, mais aussi, en 1997, aux Etats-Unis, en obtenant pour 20 ans la concession de gestion des Ports du Canal de Panama.

• la quasi-récession de leur pays est pour les firmes nippones un puissant incitatif à délocaliser. Toshiba, n°3 japonais du téléviseur, transfère en Chine toute l’activité de production d’appareils conventionnels. Son usine de Dalian (Liaoning) montait 1M d’appareils par an. Dès avril 2001, elle en sortira 1,5M/an, grâce à une chaîne supplémentaire (2,4M$ d’investissement), et 800 emplois en plus des 1200 existants. Tokyo conserve l’usine de TV digitales extraplates (3000 emplois). Cette initiative confirme la montée en puissance technique de la Chine et le nouveau flux des capitaux. Au début des années ’90, 60% des investissements d’Asie allaient aux pays de l’ASEAN -Mitsubishi et JVC avaient choisi l’Asie du Sud-Est pour leur délocalisation. A présent c’est en Chine qu’ils vont – et le milieu spécialisé s’attend à voir Panasonic et Sony, les concurrents, emboîter le pas de Toshiba en Chine.

• pour la deuxième fois en trois ans, les projets de JV chinoise d’Alcoa, un des leaders mondiaux du secteur ont été anéantis en février 2001, lorsque Pékin a refondu le meilleur de son aluminium sous le holding Chinalco. A une alliance étrangère, Chinalco préfère la collecte de fonds sur les bourses de Hong Kong et New York. Aucune date n’est avancée toutefois, les marchés à terme de l’aluminium étant en baisse (1500$/tonne à Londres, soit moins 120$ en trois mois). La naissance de Chinalco est un des éléments du plan de restructuration du secteur, doté de 1,58MM$, qui entraînera sous 3 ans la fermeture ou la rénovation de 2/3 des 119 fonderies. Alcoa, Alcan et d’autres géants de l’aluminium laissent entendre qu’ils déclineront l’offre de prise de participation dans Chinalco, précisément parce qu’ils n’obtiendront pas le contrôle direct des opérations. Réponse de Chinalco: « si les groupes choisissent de ne pas participer à l’OPV aujourd’hui, cela n’exclut pas une coopération plus tard » – Retour à la case départ !

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