A la loupe : Les coulisses du Plénum

La foule était indésirable ce lundi (5 mars 2001) sur la place Tian An Men, fermée durant la session parlementaire – par peur d’actions de desperados de tout poil, ouighurs du Xinjiang ou adeptes du Falungong. Le peuple put suivre à la TV ou sur internet, l’entrée des élus provinciaux, ouvriers, artistes telle Gong Li la beauté fatale, dans leurs limousines de rêve avec chauffeurs gantés de blanc.

A l’intérieur du Hall, les cadres en costumes de drap anglais, oreille vissée à leur GSM, distribuaient force cartes de visite aux collègues des minorités ethniques, aux colliers ou scapulaires d’argent, aux chignons savants, aux fichus brodés, quintuples épaisseurs de jupes aux tons joyeux, sous les flash crépitants des paparazzis. Parmi eux, la bru de Mao, la Gale Shao Hua confiait aux reporters en mal de scoops, qu’il ne lui déplairait pas de jouer les coversgirls, pourvu que la photo soit indulgente envers ses 60 printemps.

Un membre du CCPCC (le Forum concurrent, qui siège simultanément) provoqua les huées mentales du beau sexe: Wang Xiancai, du Jiangxi, osa soumettre la solution la plus vieux jeu du monde, pour régler les problèmes d’emploi: renvoyer les femmes à leurs casseroles, pour bichonner les existences de leurs enfants et maris. Dès la fin du premier jour, les élus purent constater une fois de plus, combien certaines délégations étaient plus égales que d’autres: à leur hôtel, les Cantonais tempérèrent leur soirée par leurs 20 humidificateurs, et se plongèrent ostensiblement, oubliant Pékin, dans leur Quotidien de Canton, avant de se repaître de leur cuisine importée, préparée par leur chef, venu par le même avion.

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