Argent : Agrobusiness: Pékin joue à qui perd gagne

· Ces derniers 25 ans ont vu le remplacement des slogans politiques (haut-parleurs et calicots), par les discours et plans-marketing vantant les myriades de produits nouveaux à la nouvelle société consumériste. Matraqués de pub, les citadins réclament des arguments toujours plus forts. Le 28/02, Guangzhou Mobile, filiale de China Mobile, a lancé un service nouveau et intéressant. Des groupes tels Siemens ou Ericsson paient une part de la facture des abonnés qui composent un numéro gratuit pour écouter leurs pubs. Le temps en ligne allège proportionnellement leurs factures. En place à Shenzhen, Xiamen et Jinan, ce système est étudié par les sociétés de sondage: rémunérer l’écoute, leur offre la garantie de ne pas chi bimengeng , se faire raccrocher au nez (« manger la soupe de la porte close »).

· le deuxième jour de la session, le ministre Xiang Huaicheng annonça un déficit budgétaire record en 2001, +4%, à 31,4MM$ (2,7% du PIB). Le fossé s’élargit: le budget grimpe de +9,3%, à 210,5 MM$, expression de la volonté publique de poursuivre les grands chantiers, locomotive de la croissance (+7% en 2001). Ses revenus atteindront 179MM$, +10%, grâce à la ponction fiscale accrue sur les exports, les revenus individuels et les profits des sociétés. Conséquence d’importations en vive hausse, le gouvernement devra imputer 24,2MM$ au service de sa dette extérieure (+27%). Pour faire face aux dépenses et au ralentissement des exportations, à +9,7%, Pékin devra émettre pour 60,2MM$ de bons.

· l’agrobusiness chinois a mis du temps à se mettre au diapason de l’économie de marché -et de ses bizarreries. Avec 128Mt de maïs engrangés en 1999 et des silos pleins, la Chine a exporté un quota record de 10,5M de tonnes en 2000 (contre 4,3 Mt en 1999). Mais en même temps, sous l’effet de la sécheresse de l’été et d’une récolte maigre (103Mt), les prix intérieurs ont fusé à 151$/t, tandis qu’à l’export, face à des cours mondiaux entre 105$ et 110$/t FOB (le 28/02) -les prix extérieurs sont généralement inférieurs au coût de production chinois. La Chine a donc exporté à perte, ou selon cet expert, "subventionné l’élevage sud-coréen"! NB : la Chine semble devoir encore livrer des contingents au Japon, qui exprime sa nervosité face à l’offre -surtout d’espèces transgéniques- américaine. Mais pour raison de qualité, la part du lion reviendra à l’Argentine.

· à la bourse, comme au Casino, « rien ne va plus » sur le marché « B ». Après son ouverture aux nationaux, l’indice caracola à +45% du 28 février 2001 au 4 mars, portant la capitalisation de 3,3MM$ à 10MM$. Faible au début, le volume d’échanges s’est vite étoffé pour atteindre le 06/03 son pic absolu en neuf ans d’existence. Le lendemain, La fièvre retomba: en dépit d’un volume d’échange toujours fort, l’indice retomba de 6,6% à Shanghai et de 3,2% à Shenzhen. Pendant que les petits porteurs se ruaient sur le marché en devises, investisseurs institutionnels et gestionnaires de fonds prenaient leurs profits et se replaçaient en terre plus ferme. Cette technique dite du coup d’accordéon a été décrite dans les milieux boursiers comme celle du « piège à cafards »: celui où les petits porteurs entrent, mais ne sortent pas.

NB: La semaine dernière, le patron de la CSRC Zhou Xiaochuan a précisé, à toute fins utiles, que la fusion des marchés « A » et « B » ne se ferait « pas avant cinq ans, minimum ».

 

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