Camions sonorisés, défilés, écrans de TV géants, orchestres ambulants, pétards et chandelles romaines…
Autant le mois de campagne, sous le l’oeil de Pékin avait été timide et compassé, autant la veillée d’armes (vendredi 17 mars) a été celle du défoulement à travers l’île: pour les trois candidats, il s’agissait de convaincre les près de 20% d’indécis (cf col. droite).
Les trois états-majors en course avaient réservé d’immenses espaces au centre ville, stade, terrain de football ou Mémorial de Chiang Kai-chek, pour s’y faire applaudir, toute la nuit durant, par le gros de ses troupes -acheminées par bus spéciaux de toute la ville et des banlieues.
Recettes identiques en apparence, mais pas besoin de trop «fouiller» pour voir les différences.
Chez James Soong, transfuge du KMT, indépendant, les 150.000 militants étaient des fonctionnaires et du monde rural : anciens combattants et mairies des villages, reconnaissantes des largesses d’hier -la route, le téléphone, le collège octroyés par l’ex-gouverneur et Secrétaire Général du KMT.
Soong, le lendemain, a fait 36%.
Pour Lien Chan, devant 80000 supporters (des administrations, bénéficiaires de l’Etat KMT, ou même, mercenaires-payés), c’était la fin du règne, le dernier discours, sans y croire – Lien invoquait les noirs nuages sur l’île, en cas d’échec de sa campagne. Les urnes lui ont confirmé sa débâcle : 25% des voix
Dans son stade comble jusqu’à loin dans les rues voisines (400.000 militants), Chen Shui-bian caracolait devant la jeunesse, présentait son 1er Ministre pressenti (le prof. Lee Yuan Tseh, Prix Nobel de Chimie) tout en multipliant les propos conciliants vis-à-vis de Pékin.
Par diplomatie, mais aussi pour suivre l’opinion: seuls 1,5% de la base réclame à titre immédiat le rattachement à la Chine et 2,5% l’indépendance: les autres trouvent urgent de ne rien faire, sauf orchestrer un «réchauffement négocié», le plus long possible!
Sommaire N° 9