A la loupe : Un syndrome inédit: l’angoisse du scrutin

Durant un mois, cet expert comptable de Kaohsiung n’est plus rentré chez lui, que tous les deux ou trois jours, le temps d’une douche, un bol de nouilles ou quelques heures de sommeil pâle, puis repartir à ses meetings et manifs.

Mardi 14 mars, il s’est effondré en sanglotant -on l’a amené au service psychiatrique de l’hôpital voisin où, après le premier sédatif, il recommençait à haranguer médecin et infirmières…

A Taibei, cette laborantine, souffre d’insomnie depuis la même période, et vit des angoisses si fortes qu’elle a abandonné provisoirement son mari, puis échoué elle aussi à l’hôpital de son quartier. Lequel en est à son 238ième patient de ce syndrome inconnu jusqu’alors.

D’autres se présentent avec des symptômes de déshydratation (quand, à force de crier ou de marcher, on en oublie de boire), d’hypertension, voire de «douleurs dans la poitrine».

Miraculeusement (où peut-être, grâce à une bonne structure de soins), aucun décès pour crise cardiaque n’est signalé, pour l’instant.

«Les angoisses», dit ce psychiatre, « se classent en deux catégories. Celles liées à la peur de l’échec pour son candidat, à l’image d’une sorte de fin du monde s’il ne gagne pas. Mais aussi, celles liées à l’incertitude du choix: pour qui voter ?»

Ils étaient, il y a une semaine, encore 20% des adultes de l’île, à se sentir dépassés par l’enjeu, écrasés par  la responsabilité historique et le trou blanc du futur.

 

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