Petit Peuple : La farce du vieillard sous la lune

· Quittant leur village de Tangkou au début des années ’90, deux fleurs de province cantonaise, Yan Caiyun et Yan Caifeng (soeurs) s’en allaient faire leur vie à Shenzhen, comme monteuses dans deux usines électroniques.

Les années passèrent, laissant de fines ridules au bord des paupières. Ni les services de l’entremetteuse, ni les prières paternelles au "Vieillard sous la Lune" (Dieu de l’hymen) ne surent leur éviter, à 30 ans, le titre infamant de  lao guniang (vieilles filles), ce qui causa chez le père un accès de colère homérique.

Quelques mois plus tard, miracle : les deux soeurs revinrent au foyer, chacune avec un prétendant! Aux anges, le père pria l’aînée de convoquer son homme la première. Mais le lendemain, catastrophe: au bras de sa soeur, la cadette vit son promis! La 40aine sonnée, craignant la vieillesse, Li (c’était son nom) avait couru deux hases à la fois, sans découvrir leur parenté. Pour couronner le tout, elles étaient enceintes…

"Quand le riz est cuit, il faut le manger!", trancha le père Yan : on tirerait à la courte-paille. C’est la jeunette qui gagna l’époux. L’aînée n’eut qu’un avortement, pour tout potage. 

 

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