Souffrant de décennies d’oubli, de salaires ridicules et d’un système socialiste dépassé, les hôpitaux chinois n’ont ni le moral ni la confiance des gens, qui leur reprochent les heures d’attente dans les couloirs, les diagnostics peu sûrs, et la corruption obligatoire pour parvenir au "saint des saints"- la table d’opération.
A Pékin, l’hôpital n°4 a cru conjurer le destin et améliorer son image en reprenant (08/09) son nom prérévolutionnaire, d’ "Hôpital de la Bienveillance Universelle". En effet, par homophonie, son matricule pouvait se prononcer (et ses patients les plus morbides ne s’en privaient pas) comme celui d’"hôpital de la mort".
Face aux filières bancales de la santé publique, l’homme de la rue se laisse tenter par des voies parallèles. A Baotou (Mongolie) Li Hongguang, vient d’en prendre pour 11 ans pour exercice illégal de la médecine. Pour de gras honoraires, il guérissait (par des moyens interlopes) et prédisait l’avenir en même temps.
Fruit de sa pratique, 670.000Y en cash et en bijoux, furent recouvrés par la police, ainsi que 21 voitures. Son arrestation causa presque l’émeute des 70 malades qui faisaient la queue dans sa salle d’attente.
La vente d’aigles, espèce menacée, est interdite en République Populaire de Chine. Tombé nez à nez, au "Marché aux oiseaux" (Pékin), sur un des ces rapaces – en piteux état un quidam appela le Quotidien de la Jeunesse, qui y dépêcha une équipe. Mais la puce à l’oreille, les revendeurs avaient été plus rapides : pas une plume, pas un duvet aquilin.
Par contre, s’alignait à longueur d’étals un inventaire à la Prévert, pilules, toniques, onguents de corne de rhinocéros, de pénis de tigre ou de bile de serpent, tous produits interdits à la vente, au service des amoureux en panne. Sur ce, nos enquêteurs s’en furent trouver la direction du marché, dans l’espoir – vite avorté – d’en tirer de bons " arguments " pour classer l’enquête.
Lorsqu’ils revinrent, 2 jours plus tard, toute trace des remèdes exotiques s’était volatilisée. Mais leur commando ne devait pas être en vain : sur son perchoir, oublié des braconniers, royal, trônait l’aigle!
Sommaire N° 30