Editorial : La Chine tente de maîtriser sa pieuvre

En octobre 1999, Lai Changxing, de Xiamen (Fujian) devenait l’homme le plus recherché de Chine (VDLC n°04/V) : en sept ans, son Groupe, Yuanhua, avait importé pour  à 10MM$ de GSM, de PC, de voitures et de pétrole « hors taxe ».

Parti de rien, (comme bien d’autres en ce pays), Lai avait ramifié son réseau. De Xiamen à Pékin, des pans entiers de la police, des douanes, du Parti de l’administration.

Collaboraient, jusqu’à l’Armée Populaire de Libération (APL), qui informait Lai, et dont des casernes et navires abritaient ce trafic. 500 hauts cadres sont impliqués, dont Lan Fu, l’ex-maire adjoint, rentré  » de son plein gré «  d’Australie, Cao Xinhai, ex-patron d’une Entreprise d’Etat, Ji Shengde (ex-Directeur de la Sécurité militaire), Xu Ganlu (ex-Boss national des visas) et Li Jizhou (ex-vice Ministre de la Sécurité Publique).

Mais ce nettoyage exigé par Zhu Rongji, était freiné au sommet, qui craignait une déstabilisation de la machine de pouvoir. En tête de la liste ne figurait-il pas Lin Youfang, ex-Présidente de Fujian-Imp-Exp., et surtout épouse du Secrétaire du Parti à Pékin?

Le 13/09, suite à une décision pré estivale d’évacuer ce brûlot avant le Plenum du Comité Central en octobre, le procès s’ouvrait en multiplex, dans cinq tribunaux locaux, mené tambour battant (48 h!), avec 12 accusés, portant sur 5MM$ (les preuves, pour les 5MM$ restants, ont été détruites).

Au moins un des  « ténors », Li Jizhou devrait recevoir la peine de mort, après avoir confessé le détournement de dizaines de MY. Pour ne laisser aucune ambiguïté à cette (nouvelle) guerre contre la corruption, Cheng Kejie, ex-vice Président de l’Assemblée Nationale Populaire, condamné à mort en juillet pour avoir empoché 5M$ durant ses années de gouverneur du Guangxi, était sommairement exécuté (14/09). C’est ce qu’on nomme  sha ji xiahou, « tuer le poule, pour faire peur au singe ».

NB : dans le même temps, plusieurs autres affaires sont relatées semaine passée y compris, dans le Yunnan, celle de ces deux courtiers en bourse, poursuivis pour avoir détourné 240 M$. On le voit, la gabegie est le problème n°1 du régime, et la solution jusqu’à présent retenue, la terreur ponctuelle sur des comparses, n’est pas efficace!

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