Depuis leur création en juin 1999, les quatre structures de défaisance chinoises ont suscité les réserves d’experts internationaux, comme Nicholas Lardy (Brookings Institute). Selon lui, 10% au plus des 132,5MM$ de dettes d’Entreprises d’Etat "rachetées" aux banques pourront être recouvrées, grevant lourdement la dette nationale, qui pourrait atteindre 60 à 110% du PNB en 2008. "Faux", répond la CASS (Académie chinoise de sciences Sociales), pour qui les mauvaises dettes seraient récupérables de 30 à 40%, le "trou" pouvant être compensé par la vente partielle du portefeuille public en bourse.
NB : au-delà de la rhétorique, la State Economic and Trade Commission tente d’augmenter la crédibilité de ses SDD en réglementant plus sévèrement les transactions de reprises des dettes : aux Entreprises d’Etat désendettées, sont interdits (y compris à titre rétroactif) les dividendes fixes ou le rachat avec profit des unités reprises, ainsi que le saucissonnage des groupes entre unités rentables (à garder) et ruinées (à fourguer aux Structures défaisance).
Avant la trêve estivale, soucieuse de faire planer l’image d’ordre et de lutte anti-corruption, la justice boucle ses dossiers :
1. A Ningbo (Zhejiang), l’ex-Secrétaire du Parti est l’accusé principal (11/7) dans la plus grosse carambouille jamais vue dans la province – 145M$ détournés de la NITIC (Ningbo International Trust and Investment Corporation). Il risque 10 ans de prison.
2. A Canton, est dévoilée (11/07) l’inculpation (jusqu’alors secrète) des trois principaux dirigeants de la GITIC (Guangdong International Trust and Investment Corporation), en faillite fracassante depuis l’automne 1998.
3. L’Office National d’A révèle (7/07) la fraude du Ministère de l’Eau, 362M$ destinés au réseau fluvial, détournés dans un projet immobilier – saisi.
4. A Xiamen, Fujian (site de la plus grosse fraude nationale, sur 10MM$, procès non tenu après 18 mois), c’est un pourvoyeur taiwanais de prostituées aux maisons closes insulaires, qui se fait arrêter (9/07). Il serait l’un des 900 shitou ("têtes de serpent", passeurs) que la police du Fujian aurait appréhendé depuis janvier.
Après deux jours de houleux débats, la Banque Mondiale (BM) a retiré son financement de 40M$ au projet le plus polémique de son histoire, destiné à la Chine.
Pour un investissement global de 160M$, il s’agissait de déplacer 60.000 agriculteurs "Han" du Gansu, vers le Qinghai, terre d’éleveurs tibétains. L’enquête complémentaire menée depuis 12 mois (moyennant 3M$ !) a conclu que la BM avait ignoré sept de ses règles statutaires, notamment en inscrivant le prêt dans la catégorie (discrétionnaire) des "micro-projet". La Chine a annoncé qu’elle mènerait le projet à terme sur ses fonds propres.
NB : Cette affaire marque un tournant dans les rapports entre BM et autorités chinoises.
Sommaire N° 25