A Pékin, M. Albright, J. Holum puis William Cohen (6-11 juillet) ont repris avec la Chine un dialogue de désarmement, en panne depuis 15 mois.
Débat au ton vif et aux thèses irréconciliables en apparence. Pékin croit le temps venu pour les GI’s de quitter la Corée, et veut que les Etats-Unis lâchent leur programme de recherche National Missile Defense (NM, ou sa version asiatique TMD) de missiles spatiaux anti-missiles. Les Etats-Unis veulent voir Pékin abandonner sa course à l’armement face à Taiwan (50 missiles/an) et ses livraisons de missiles au Pakistan, voire à l’Iran.
En réalité – c’est la surprise-, les deux bords, dans le respect des différences, se sont montrés accommodants.
Cohen a réitéré que son pays était "opposé à (…) l’indépendance de Taiwan", et ne lui enverrait pas "les mauvais signaux". Son vis-à-vis, le Ministre de la défense Chi Haotian a déclaré que la Chine ne "comptait pas attaquer Taiwan", et accepté de participer à un Sommet de Défense de la Zone Pacifique à Hawaï.
Les deux hommes ont encore signé un accord d’échange d’infos "militaires de protection de l’environnement" : c’est plus qu’on ne pouvait espérer, d’autant qu’on apprenait en même temps l’abandon par Israël, sur pression yankee, d’un contrat de fourniture à la Chine de son Phalcon, radar monté sur un Iliouchine 76. Pour Pékin comme pour Tel Aviv, c’est un coup dur – mais le Congrès menaçait de supprimer 2,9MM$ d’aide à Israël. Pire, la relation "organique", très étroite entre les deux pays était en jeu.
Enfin, Paris a décidé de fournir à Taiwan un satellite civil ROCSAT2 (Matra, 70M$). La Chine, déçue, parle de sanctions.
Mais, Jacques Chirac, se rendant à Pékin en octobre, devrait pouvoir dissiper les tensions entre les deux pays : le moment d’octroi de cette licence d’export, semble bien choisi.
Sommaire N° 25