Le mince succès de Petrochina en Bourse de New York en mars (3MMUSD récoltés contre 10 attendus) n’a pas découragé pouvoir et Grandes Entreprises d’Etat, face au marché des capitaux. Au moins 3 groupes iront à NY en 2000 : Unicom (télécoms), Sinopec (pétrole) et Baoshan (aciers), ainsi que dans l’internet, Sohu et Netease. Depuis 1999, Unicom met de côté 1,8MMY pour
rembourser ses JV "CCF", devenues illégales. Leur coût était de 1,4MMUSD : la différence sera compensée par des stock options.
La Commission de régulation boursière s’apprête à laisser les 4 banques publiques vendre 25% de leurs parts : c’est leur seule chance de recapitalisation, depuis le "chèque" offert par l’État (270 MMY en bons du Trésor) en 1998. Face à l’OMC et à la Bank of International Settlement (BIS), les banques doivent justifier d’un ratio de solvabilité de 8%, qu’elles n’ont pas (en 1999, la China Construction Bank atteignait 5,37%). D’où l’urgence d’aller en bourse -et de se restructurer plus sévèrement. C’est ce que veut faire l’ICBC en congédiant 20% de son personnel, en fermant 25% de ses 30.000 branches (420M de comptes), en s’ouvrant à la banque électronique et Internet, et en s’installant à Séoul, HK, Tokyo et Singapour.
Enfin, Pékin préparerait un fonds d’investissement à partir de ses propres titres d’Entreprises d’Etat (pour n’en garder que 30%), afin de faire face à la spirale des coûts des retraites dues, évalués entre 2700 et 13000MMY par an). Formule magique pour l’Etat : [1] l’épargnant achète le titre du fonds de placement, pas celui des Entreprises d’Etat, qui sont ainsi protégées du « risque » de privatisation;[2] la diversité des titres composant le fonds, diminue le risque pour la petite épargne, [3] laquelle, d’un seul coup, refinancera le secteur public, constituera un second pilier de sa retraite, tout en donnant à l’État les moyens de payer les pensions, malgré le défaut de paiement des firmes publiques.
Sommaire N° 16