Coup de tonnerre à l’est de la mer de Chine: à 64 ans, un ex-vice directeur de Hitachi, konzern nippon, arrêté comme un vulgaire pickpocket, pour avoir fait exporter vers la Chine sans permis, il y a 3 ans, 18 instruments de mesure de précision, « pouvant être utilisés dans le processus d’extraction du plutonium » – à des fins militaires.
Cette arrestation risque d’embarrasser Pékin, ainsi que Bill Clinton, qui lance sous la pression de son Congrès, une « enquête indépendante sur les préjudices éventuels subis par l’Amérique, du fait de l’effort d’espionnage de la République Populaire de Chine ». L’affaire nippone constitue un cas concret d’acquisition illégale d’une technologie stratégique étrangère. Jusqu’à présent, Pékin repoussait les accusations américaines comme « vieux jeu », « datant de la guerre froide ».
On ne sait comment Pepsi a fait, mais c’est l’« outsider », avec seulement 13,6% du marché des limonades, qui a remporté la position de mécène officiel de la ligue nationale de football pour les 5 années à venir, faisant ployer les épaules au Goliath de l’eau carbonée, Coca (48,2%). Parts qui devraient donc connaître une inversion relative d’ici 2004. Remplaçant Philipp Morris (« Marlboro »), les nouveaux sponsors précédents, Ericsson, Pepsi verseront environ 10MUSD par an à la Fédération chinoise. A ce prix, ils se partageront le plus grand « marché captif » du monde – des centaines de millions de spectateurs à chaque match diffusé. 60% de la prime ira aux 14 clubs affiliés : il faut espérer que cette manne les aide (ou ne les empêche pas), dans la quête d’un jeu plus propre, et moins corrompu.
Deux expéditions aérostières s’apprêtent à leur tour à tenter la grande boucle autour du globe. Politiquement correcte, la première, Breitling Orbiter 3, à double enveloppe (hélium ET air chaud) est dirigée par le psychiatre helvétique Bertrand Picard (3ème essai), et autorisée par Pékin – quoique à des conditions encore plus dures que les précédentes, au sud du 26° parallèle.
La seconde, Cable & Wireless, est britannique et interdite (souvenir de l’expédition anglo-yankee en décembre par R. Branson, qui avait ignoré les ordres chinois d’atterrissage). Elle est aussi innovante : pour éviter le territoire chinois, moyennant la recherche de vents lents et bas, enveloppe et nacelle ont été spectaculairement renforcées, afin d’emporter 2 tonnes de kérosène de plus, et disposer d’une autonomie de 25 jours.
« Cité-U » pour PME, le Centre allemand pour l’industrie et le commerce vient d’ouvrir à Pékin, sur 5000m² loués dans la tour Land-mark. 30% ont déjà été sous-loués à prix d’amis à 14 PME germaniques (pas si « PM » que cela, d’ailleurs, comptant parmi elles Porsche). D’autres suivront. Les locataires bénéficient aussi du conseil permanent de la Chambre de Commerce allemande. Cette initiative, permettant aux PME de prendre pied à moindre frais dans ce pays cher pour étrangers, est des plus dynamiques et concrètes manifestées parmi les pays occidentaux pour assister leur petite industrie, dans ses efforts à l’exportation.
La Chine l’annonçait depuis longtemps : c’est à présent fait, le secteur des tour operators est ouvrable (très mince) aux étrangers. Les conditions sont multiples et draconiennes : entre autres, justifier d’un chiffre d’affaires d’au moins 50MUSD, être affilié à un réseau national ou international de réservation digital. Tandis que le partenaire chinois (car la licence ne vaut que pour des Joint ventures) doit être lui aussi « international », avoir « importé » au moins 30000 touristes par an durant 3 ans, et jouir de rentrées d’au moins 6MUSD par an.
Moyennant quoi la Joint venture agréée pourra plonger sur ce marché, l’an passé, de 63M de touristes étrangers et de près de 700M de visiteurs de l’intérieur. 5 groupes étrangers ont relevé le défi, del’Allemagne, des Etats-Unis, du Japon et de Hong Kong.
Avon, le groupe américain de produits de beauté, se fait étriller en Chine pour la seconde fois en un an. En 1998, il avait dû précipitamment, avec d’autres, renoncer à sa chaîne de commercialisation sans vendeurs « maison », par le principe des ventes « pyramidales », justement jugées déloyales par les autorités. A présent, un tribunal chinois l’enjoint de payer 12MUSD à deux firmes de Pékin et Hong Kong, pour piratage d’un logiciel d’informatique – cas rare, l’inverse étant plus dans l’ordre des choses.
Avon prétend avoir acheté la licence en 1995 aux Etats-Unis pour 25000USD à Unidata (Hong Kong), sans savoir que la vente ne lui ouvrait pas le droit d’exploitation en Chine. Jingyan (Pékin) était le détenteur local des droits. Avon, qui regrette peut-être ses 70MUSD investis au Céleste Empire, vient de faire appel – réponse d’ici 2 mois.
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