Gros bourg rural de la ceinture verte de Pékin, Gantou aurait tout pour être heureux. Pourtant, rien ne va plus ! Les cochons périclitent, les poules cassent leurs oeufs, les poissons mêmes se meurent dans leurs mares, les 200 enfants de l’école, n’apprennent pas plus que les instituteurs n’enseignent : c’est dur, pour un village, de se trouver en bout de piste d’atterrissage! Pourtant, en son temps, la State ( Developpment) Planning Commercial (ex SPC, aujourd’hui SDPC) a versé 50MY à l’aéroport pour régler le problème, à l’occasion de l’extension de capacité. Rien n’a été fait à ce jour.
Les saga combinant amour passionnel et haute finance, ne se passent pas qu’à la télévision californienne. Toutes les chaumières du Henan se passionnent pour le drame dont tremble encore la ville moyenne de Zhumadian : Chen Guilin, dame sur le retour, a refroidi au revolver Liu Mingding, son amant, avant de se faire justice. Chen était vice maire, et Liu, n°2 à la branche municipale de la China Industrial And Commercial Bank (CICB), catapulté à ce poste, grâce aux amitiés de Mme Chen.
En août 1998, vibrant d’amour, elle brise son mariage. Mais lui, velléitaire (ou un peu gigolo), ne veut plus quitter sa femme. Chen l’a tué, avec une arme prêtée par un ex copain de classe, commissaire de police presque un drame de famille !
Pour célébrer 1998, une heure avant minuit, les moines du célèbre temple bouddhiste Baima à Luoyang (Henan) avaient annoncé un concert de cloches. Mais au moment du carillon, horreur pour les Luoyangais, bonheur pour les touristes nippons, l’air traditionnel était japonais (d’un pays, que l’on a pas oublié, depuis la guerre) : tollé, campagne de presse, pressions, les prêtres promirent de s’amender, et tinrent parole. Au 31 décembre 1998, face à la population réunie, les cloches du monastère gardèrent un majestueux silence. Personne n’ayant, cette fois, l’aumône aux carillonneurs !
Pourquoi, dans le Guizhou, 2390 lycéens ayant réussi leur concours d’entrée à l’université, ont-ils renoncé à cet indicible privilège (alors qu’en Chine, seul un lycéen sur trois trouve sa place en fac) ? Les enquêteurs, qui s’attendaient, vu la pauvreté de la province, à trouver comme raison l’impécuniosité des familles, ont eu la surprise de l’année : ayant franchi la barre du concours avec les notes les plus basses, ces jeunes tombent sur des instituts trop médiocres, ou trop loin de leurs aspirations, et préfèrent bachoter une année de plus pour repasser leur « bac », « avec mention ».
Belle preuve de confiance en soi, mais si le phénomène est le même dans toute la nation, la promotion annuelle, d’un millions de jeunes, est amputée de quelques dizaines de milliers de jeunes.
Sommaire N° 4