La première mission, en mai, avait été éclair, et d’une rare clairvoyance : juste élu Chancelier fédéral, et quoique sa visite vienne d’être compromise par l’OTAN (en bombardant l’ambassade chinoise à Belgrade), Gerhard Schroeder avait maintenu le voyage à Pékin, juste pour « ne pas laisser tomber la Chine…».
Ce gage d’amitié donné sept mois plus tôt, a permis à Schroeder dès le premier soir, mercredi 5 à Shanghai, de marteler un message de démocratie : « dans sa tentative d’établir un Etat de droit tout en tenant à l’écart liberté d’information et indépendance judiciaire, la Chine ne va nulle part : l’Etat de droit ne se saucissonne pas!» Le lendemain à Pékin, le Chancelier enfonçait le clou en présentant à son homologue Zhu Rongji une liste de prisonniers d’opinion « à thème » – 10 journalistes.
Habilement calculé, ce message était acceptable, parce que le vent en Chine, depuis l’été, souffle vers l’Union Européenne plus que vers les Etats-Unis. Il était aussi « compensé » par le soutien allemand, d’une entrée de la Chine à l’OMC, et au groupe G8, club restreint des décideurs économiques. Par cette démarche, G. Schroeder a exprimé en Chine un message de l’opinion occidentale, plus présent dans les rues du Royaume-Unis et de France ces dernières semaines, que dans les discours des dirigeants.
Tout ceci n’empêche pas les affaires, entre la 3ème puissance industrielle du monde, et la Chine, où l’Allemagne a investi 1,61MMUSD.
Cette visite a vu l’ouverture en Chine de la Nord Deutsche LB, 10ème banque allemande, la signature par BAYER d’une lettre d’intention pour une usine de produits thermoplastiques, pour 450MUSD (Joint venture à 90% avec la shanghaïenne Chloralkali), celle par Siemens et la Banque de Chine d’un contrat de crédit de 120MUSD pour l’achat de ses téléphones portables et surtout celle par BASF (Badische Anilin und Soda Fabrik) et SINOPEC d’une raffinerie de pétrole, avec production de 600000t d’éthylène, à Nankin (ouverture en 2004).
Notre analyse : soeur jumelle du projet BP AMOCO de Huizhou, remontant comme elle à 1995, cette unité en lente gestation (faute de marché), fait un petit pas, pour des raisons partiellement politiques : non par hasard, en trois semaines, Angleterre, France et Allemagne obtiennent des chèques sur l’avenir, de montants comparables : BP = 2,5MMUSD, Airbus=1,5MMUSD, BASF =2,6MMUSD
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