Argent : Cinda et ses trois soeurs

• A peine le Conseil d’Etat abolit-il le principe du contrôle à 70% du secteur public non stratégique (cf VdlC n°34), les Entreprises d’Etat riches expriment le souhait d’une « auto-privatisation », en rachetant une part de leur capital. C’est ce que vient de faire Shenergy (Shanghai Energy), en versant 25 MMY à sa  zonggongsi, (maison mère) pour la reprise de 38% de ses parts. Une seule compagnie avant elle avait osé sauter ce pas : Yuntianhua (Yunnan, engrais chimiques) pour un pourcentage similaire : deal non encore approuvé.

• En mars, la banque China Construction Bank prenait ses trois soeurs de vitesse, en obtenant la licence de Cinda, structure de défaisance de ses créances non recouvrables (cf VdlC n°31). A présent, c’est au tour des trois autres banques commerciales d’Etat, Banque of Agriculture (BA), Industrial and Commercial Bank of China et Banque (ICBC)de Chine (BdC) d’annoncer la naissance de leur propre « anti-dettes » : Great Wall, Huarong et Dongfang.

Dotées comme Cinda de 1,2 MMUSD de capital, elles sont supposées, à quatre, racheter en deux à trois ans pour 120 MMUSD de mauvaises dettes. L’étranger, inventeur du système, conserve ses doutes!

• Le monopole du tabac (State Tobacco Monopoly) perd la bataille de la contrefaçon. En 1999, à 100M de fausses cigarettes saisies (d’une valeur de 6MMY), les prises étaient le triple de l’an passé. Mais dans des provinces comme Fujian, Henan ou Guangxi, des usines pirates ultramodernes atteignent des capacités de 3MM de « tiges » par an, avec la protection des pouvoirs locaux – la police de Pékin ne peut rien faire!

De janvier à juin, les usines « officielles » ont perdu 8,6% de leur marché, et le nombre des marques plagiées est passé de 30 à 100 depuis 1998 (35 copies rien que pour Marlboro, marque fétiche). La Chine est à la fois premier producteur (1670MM cigarettes en 1997), premier marché (320M fumeurs, 25% de la population), et le tabac entre pour 14% dans ses recettes fiscales : Pékin semble aussi incapable de faire appliquer sa politique, que de renoncer à son impossible monopole.

• Avec 78% des réserves mondiales d’antimoine, additif durcisseur des métaux, Pékin devrait sereinement régner sur ce marché captif : les chiffres de China Economic Time suggèrent qu’il n’en est rien. Pour cause de rivalités provinciales, les exports (70000 t par an depuis 1995, équivalents à 100% de la consommation mondiale), causent une perte estimée à 100MUSD, et sa production, 130 000t est trois fois supérieure aux besoins. Un bon tiers de ses exportations se font en contrebande… Un secteur en plein désordre!

 

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