Pour avoir défiguré au vitriol ses six neveux à Luoding (Guangdong), Wang Xiuying, 27 ans, avait été (13 avril) condamnée à mort, et à 90000 Yuan de dommages et intérêts aux victimes. Parente indigne, Wang Xiuying ? Indéniablement, mais sous des circonstances « spéciales », ayant été kidnappée cinq ans plus tôt à Shenyang (Liaoning), déplacée et contrainte à convoler, à l’autre bout du pays, avec un homme de l’âge de son père, réduite à la condition de souillon du village et brimée à chacune de ses tentatives de fuite.
La Haute Cour de Canton a été saisie, la presse s’en est émue, ainsi que Mme Peng Peiyun, vice-présidente du Bureau de l’Assemblée Nationale Populaire (qui joue un peu en Chine le rôle moral, vis à vis des droits des femmes, d’une Simone Weil en France). Affaire à suivre;
A Zhengzhou (Henan), constamment perturbés par les chahuts des voyous et mauvais plaisants, les étudiants de la Faculté de Médecine Tongji avaient imaginé « aux grands maux, les grands remèdes » : deux cadavres fraîchement livrés pour les travaux pratiques de dissection avaient été placés comme gardiens aux portes du campus. Leur service dépassa les espérances les plus folles, la paix planant à nouveau sur les amphithéâtres.
Il dura 18 mois, jusqu’au jour où des rumeurs parvinrent de descente imminente de police : da cao jing shi (« à battre les herbes, on fait fuir le serpent ») : ils disparurent, ensevelis à la sauvette aux abords de l’Institut. La justice recherche toujours les carabins coupables, et dénonce la profanation.
Sommaire N° 32