A la loupe : Que la fête se prépare!

Mercredi 22, la rue de Pékin a changé : presque aucun piéton, un dixième des voitures, une poignée de vélos. Baisse notoire des décibels sur la ville : au jour « J » moins 10 des fêtes somptuaires pour la fondation du régime, les Pékinois avaient été consignés chez eux. Toutes les grandes artères, les trois périphériques ont été progressivement investis par la police : en fin d’après midi, même un vélo ne passait plus. Ceci, afin de procéder aux dernières retouches aux deux défilés en préparation : l’un de l’armée (plus vu depuis 1984), l’autre de parades et chars floraux qui, on l’a vu, n’auront rien à envier en taille et luxe, à ceux du carnaval de Rio.

Le vide de Pékin avait été préparé avec précision militaire : depuis dimanche, des centaines de milliers de migrants, même munis de permis valides, ont été refoulés aux portes de la ville, et tous les véhicules fouillés.

Le gouvernement exprime ainsi la peur de sabotage des festivités. On n’a pas oublié en mars 1997, la bombe dans un bus en plein centre (11 blessés), à quelques centaines de mètres du Plenum de l’Assemblée Nationale Populaire. Un mouvement islamique du Xinjiang avait été accusé. C’est pourquoi depuis l’été, une campagne vise les producteurs d’explosifs, (16000 contrôlés), cependant que 80t étaient spontanément remises par des paysans, désireux d’éviter des ennuis.

Le résultat de ce projet urbanistique grandiose, fascinant aux yeux de tous, frappe le plus la nuit, que l’on arpente l’avenue de Ping’An (« de la Paix Stable »), Chang’An (« Paix Eternelle »), ou d’autres : élargies, chaussées de neuf, dotées de trottoirs en granit rose, d’éclairages incandescents qui trouent la pénombre de leurs jets verts et bleus tumultueux sur les bancs juste posés, fontaines, parterres de fleurs, gazons et arbustes dans le silence des étoiles.

 

 

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