Editorial : Plenum du Comité Central : Zhu Rongji affaibli mais stable, Jiang Zemin, en quête du ‘juste milieu’

Alors que Taiwan panse ses blessures (cf photo), deux grands rendez-vous meublent la vie du pays : la guoqingjie (), fête nationale du 1er  octobre, qui se double  du Cinquantenaire de la République Populaire de Chine, occasion de célébration d’une munificence unique dans les anales, et le zhonggongzhongyang (), Plenum du Comité Central (19 au 22 septembre).

A ce dernier, le Président Jiang Zemin devait procéder à un arbitrage entre l’alliance ponctuelle entre mécontents, affaiblis économiques, fonctionnaires frappés de restructurations et conservateurs, et le groupe minoritaire des réformateurs, industriels et politiques, conscients des chances du pays, à accélérer maintenant réforme et ouverture.

Début mai, avant même le bombardement de l’ambassade chinoise à Belgrade, Jiang avait arrêté sa ligne, la seule possible pour réduire les fissures grandissantes dans l’unité du Parti : soutenir son 1er  Ministre Zhu Rongji dans la tempête de critiques, mais sans le blanchir à 100% – et ne retenir des réformes, que ce qui serait acceptable pour tous. Après des atermoiements remarqués jusqu’aux derniers jours, Jiang a tranché : le Plenum s’en tient à cette ligne « oecuménique », qui revient de facto à une inflexion à gauche.

Son thème était la réforme des Entreprises d’Etat : en principe réglée par le 15ème  Congrès (septembre 1997) par une série d’audacieuses mesures prônées par Zhu, bien vite lettres mortes. Le Plenum du Comité Central en confirme certaines, tout en cherchant à en aiguiser la portée « concrète » : pour créer l’apparence de « spirale montante » dans l’enchaînement des décisions, plutôt que de «sur place».

Le Parti Communiste Chinois redonne son feu vert, pour l’assainissement du secteur public (qui, l’an passé, a généré pour 49MMY de profits, pour 150MMY de subventions), à toute méthode évitant privatisation et élimination de ses propres structures :

non aux ventes massives d’Entreprises d’Etat (qui avaient débuté d’automne 1997 à l’été 1998),

– maintien du « contrôle public majoritaire » sur les industries « importantes »

– promesse de poursuivre les subventions aux Entreprises d’Etat de régions pauvres de l’intérieur, de « minorités nationales », et de Petites et Moyennes Entreprises d’Etat. Voilà une mesure sociale, en contradiction directe avec l’objectif d’assainissement. Dans ce contexte, le rapport salue « l’ineffable et majeure contribution de la classe ouvrière ».

– projet (non chiffré), de désengagement de l’État de certains secteurs compétitifs (machine outil, textile…), pour se cantonner à ceux stratégiques (transports, énergie…);

– appel (sans dates ni objectifs) aux Entreprises d’Etat à se convertir en sociétés à capital mixte, ou à « diverses formes de propriété »;

– limitation (vague) du pouvoir d’ingérence du Secrétaire du Parti dans la gestion de l’Entreprise d’Etat, et intéressement des patrons aux profits;

Dans le domaine politique, le Plenum nomme Hu Jintao, « Dauphin » de Jiang, n°2 à la Commission Militaire Centrale : étant déjà Vice Président de la République, c’est pour lui un pas de plus vers la succession au poste suprême en 2003. Le Comité Central expulse aussi de son collège (signe d’exaspération, face à un phénomène incontrôlable) le chef du Parti Communiste Chinois de Ningbo (Zhejiang), coupable de corruption, ayant détourné 108000 USD et fait perdre à l’Etat pour 144MUSD de biens publics

 

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