Percluse de surproduction et de coûts non compétitifs (cf vdlc n°13), la sidérurgie chinoise tente en ’99 une cure d’amaigrissement. Toutefois, l’effort d’autodiscipline semble mal suivi : de janvier à mai, le secteur a déjà rempli 48% du quota de 104 Mt (contre 114MT en ’98). Aussi le State Metallurgical Industry Bureau (SMIB) vient d’exiger une réduction de 60000t/j (22%) de l’activité des 46 principaux hauts fourneaux. En même temps, se maintient une vive importation : +41% depuis janvier, et 5,1 Mt (=10% de la production nationale).
Se partageant la tâche avec quatre autres Entreprises d’Etat (EE), l’usine ferroviaire de Changchun (Ji-lin) vient de sortir le 1er « xinshisu » (TGV) du pays, d’une vitesse de 200km /h (notre illustration). Il roulera sur la ligne Canton – Shenzhen, déjà occupée par deux autres rames « rapides » : celle d’ABB-Daimler (leasée pour deux ans, Canton – HongKong) et le KTT (HK). Un petit frère est déjà annoncé, capable de 300km/h.
Avant de se présenter sur les places boursières mondiales, le géant pétrochimique Compagnie Nationale Pétrolière (CNPC) assainit ses caisses : 5,4 MMY de passif (contracté en ’98) de 5 filiales (Jilin, Daqing, Fushun, Liaoyang, Lanzhou) sont en cours d’échange, auprès des créanciers, par des parts de capital. Au programme également, un fort dégraissage du personnel. Les fonds mondiaux financeront la construction d’un réseau de gazoducs, depuis l’Ouest (Sichuan, Shaanxi, puis Xinjiang – Tarim), vers Shanghai. A maturité en 2010, ce réseau aura une capacité de 19MMm3.
La State Environmental Protection Administration (SEPA) présente son bilan, mitigé mais réaliste, pour ’98 : à 1% du Produit National Brut (PNB), l’effort national de guerre à la pollution est le plus lourd de tous les PVD, mais (dit l’OMS) 5 des 10 villes les plus insalubres au monde restent en Chine. Depuis 1997, la qualité de quelque cours d’eau s’est améliorée (Yangtzé, Rivière des Perles, Huaihe), mais pas de tous (Fleuve Jaune, Songhua), et a parfois empiré (Liao). Vicié par le charbon, l’air chinois « arrose » 1/3 du territoire aux pluies acides. Responsables n°1 de la lenteur des progrès : les fraudeurs (10% des pollueurs, qui, avertis, font la sourde oreille), et la minceur des amendes : la plus haute citée, l’an dernier (contre une usine du Sichuan) plafonnait à 6000 USD!
Sommaire N° 24