A la loupe : Tian an men, 10 ans après – deux portraits

Xiaolang Petit loup») et YehongFeuille rouge») ont en commun ceci : en mai 1989, ils étaient à Beida l’université de phare, d’où partit le Printemps de Pékin. Après coup, l’un et l’autre connurent des trajectoires différentes.

Ingénieur, Yehong est entrée au Ministère des Industries électroniques. Le salaire mince et la chambrette qu’on lui offrait comme logis, la dérangeaient moins que l’ambiance désabusée et l’absence d’intérêt les uns pour les autres. Elle a plusieurs fois refusé d’adhérer au Parti, s’isolant ainsi insensiblement, élément peu sûr. En même temps, elle voyait les jeunes cadres compétents «descendre à la mer», passer dans le privé. En 1998, elle a sauté le pas, entrant dans une multinationale, avec responsabilités, esprit d’équipe et voyages à l’étranger.

Petit Loup lui, avait été reçu, par «piston» à la mairie de Pékin. Il est bientôt entré au PCC, et de stages en promotion, a pris du

galon-bel appartement, congés gratuits, voiture de service…

Dix ans plus tard, avec sa calvitie naissante, il ne peut s’empêcher de se justifier du reproche implicite, d’être devenu, de critique du régime, privilégié du système: «nous étions jeunes… Nous avons sacrifié nos idées, non pas par peur, mais pour la stabilité »…  

Enfin, Xiaolang et Yehong partagent une absence d’illusion sur la nouvelle jeunesse: «j’ai appris hier à mon voisin étudiant, l’imminence de ‘l’anniversaire: il ignorait qu’un événement se fût produit en1989… Et quand je l’ai affranchi, il m’a répondu: ‘mais ça, c’est de la politique, faut pas en parler!

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