A la loupe : Stratégies pour une nuit anniversaire

Contrairement à 10 ans plus tôt, Pékin, le 4 juin 1999, se réveillait dans un calme impérial, le smog, les embouteillages et les klaxons entremêlés des cris des petits vendeurs de journaux. Signe de force et de confiance, la police était absente autour de la Place. Tian An Men, d’ailleurs (pas par hasard) en réfection, en attendant le 1er  octobre. Le petit peuple vaquait à ses affaires, donnant la mesure de son extraordinaire capacité de distanciation, entre les affaires publiques de la rue, et celles du foyer du souvenir.

Bien sûr, ce «calme» récompensait des mois de travail assidu de la police. En mai, selon HongKong, pas moins de 130 dissidents auraient été mis à l’ombre, d’autres persuadés au silence. Le paysage de l’Internet chinois et des diffusions de TV étrangères a été remanié (en baisse). Les étudiants consignés sur leurs campus, les portes de la ville soumises à des contrôles renforcés.

Pourtant, 70 dissidents se sont trouvés au Liaoning, pour demander à allumer des bougies, et 105 familles de victimes, pour tenter de porter plainte contre les responsables de l’époque: demandes rejetées sans appel, mais qui donnent du poids à la remarque de Bao Tong (ex-secret. particulier de Zhao Ziyang, emprisonné 7 ans après les faits): «la page ne pourra pas  être tournée, tant que le pouvoir ne se sera pas résolu à demander pardon»!

 

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