D’ordinaire, les migrants se voient priés de re-gagner leurs rurales pénates lors du chunjie (festival du printemps lunaire).
Cette année, 2 anniversaires critiques (v.ci-dessus) incitent Pékin à rechercher une solution à plus long terme.
Pékin compte 3M d’«âmes au noir» (1M de plus qu’en 1997). Le «vivier» global du flux migratoire a quelque chose d’apocalyptique: 110 M, et plus 13M par an. Y compris pour ces villes de la côte, qui craquent dans leurs coutures et sont en crise: il n’y a plus d’emplois, ni de fonds pour assumer les charges sociales. De plus, comme ailleurs, le migrant mal éduqué et intégré, cause 50% de la délinquance, et reste en marge: les 320000 gavroches migrants de Pékin, souvent non déclarés, ne vont pas à l’école!
Pékin prétend ramener ses migrants au chiffre de 1997. Elle a déjà fait aplanir, par les bulls dozers de la police, tous les villages ethniques régionaux (petit Liaoning, petit Xinjiang etc.), mettant à la rue, et au train 300.000 exogènes. Elle s’attaquera d’ici décembre aux 400000 san wu («sans-les-trois», sans papiers, domicile fixe, ni job)…
Par compensation, 5 centres d’accueil sont en construction autour de Pékin, qui renonce aussi à la taxe de permis provisoire, jusqu’alors imposée aux migrants (manque à gagner: 27MY/an).
Au plan national, un réseau de monitoring des flux migratoires s’établit, avec 30 postes aux gares de départ, 40 dans les villes d’arrivée. L’Etat veut, d’ici 2000, reclasser de 30 M de migrants dans 50000 petites villes… Seules objections à ce schéma typique d’une ère de récession: les craintes de décourager les migrants diplômés (moitié moins exigeants, en salaires, que les locaux), et le manque à gagner des commerces, face aux 45,5MMY du pouvoir d’achat de ces pauvres dans les grandes villes.
Mais ces détails comptent peu par rapport à l’objectif: libérer des emplois, baisser les charges pour la ville, garantir la stabilité!
Sommaire N° 22