Editorial : Dixième anniversaire de Tian An Men : un héritage non négligeable !

En dépit des apparences, l’héritage de TAM est riche et fécond. Tentons de dresser une esquisse de bilan, à l’aube du 3ème millénaire:

[1] Après juin 1989, affaibli, isolé, le pouvoir s’est vu contraint pour survivre, de pratiquer la course à la croissance. Entre 1989 et 1991 -fugace tentative de retour à l’économie planifiée– furent favorisés des avatars des fermes d’Etat, et découragées les entreprises rurales, fer de lance du leader réformateur déchu, Zhao Ziyang: elles sentaient le soufre et le secteur privé, en produisant poupées et T-shirts, plutôt que rails et camions!

[2] Au printemps 1992, Deng Xiaoping, prit le monde par surprise, en partant secrètement, contre l’avis du leadership,pour Canton d’où il appela à la relance de la liberté d’entreprise: l’économie fit un bond en avant (+10% du PNB/an), ramenant à la société bien-être et espoir.

[3] Emergèrent alors de nombreuses libertés: d’association (naissance de M de clubs en tous genres), des femmes (centaines de « téléphones rouges », de centres d’accueil), des villages (élections des maires).

[4] En 1995, arriva, suite à l’industrialisation sauvage, l’écologie: création de la Agence Nat’le pour l’Environnement (NEPA), 1ères manifestation «de quartier» contre les usines les plus sales, et brave intervention (= liberté!) de la presse.

[5] Le pouvoir atteignit en 1998 un paroxysme de tolérance: acceptant des critiques politiques directes (du jamais vu!), et allant presque laisser naître à travers le pays, une opposition légale. Tout bascula en automne, avec le crash des monnaies asiatiques, et le sursaut de peur gauchiste : les dissidents furent (lourdement) condamnés.

[6] En 1999, le raidissement se maintient, dû à une chaîne de RV difficiles (maintien de la crise, frappes sur le Kosovo, manifestations sectaires ou xénophobes, anniv. des 10 ans de  TAM, des 50 ans du régime)… Pour se détendre, le régime semble attendre la fin du parcours d’obstacles, et le retour de conjoncture, promis à l’Asie par le Secrétaire Général du FMI, Michel Camdessus. La seule réconciliation possible, pour l’heure, étant dans la croissance!

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