On reparlera les semaines à venir de l’OMC : les négociations, sans doute au finish, ont repris entre la Chine, et l‘Union Européenne et les Etats-Unis, dernières haies au retour chinois au Club des nations marchandes. Tout en maintenant sa prétention de principe, d’accéder sous le statut de Pays en voie de développement, Pékin lâche des concessions, peut-être suffisantes !
On se souvient que depuis 18 mois, la Chine restait « calée » sur des offres, quant aux services, très en dessous des attentes de l’OMC, qui réclamait pour ses assurances, télécoms et banques le droit d’installation (à capital majoritaire ou à 100%). A présent, la Chine offrirait l’accès à 35% pour les télécoms, à 40% pour les banques, et à 50% pour les assurances, ce d’ici à 2005. D’ici là, disparaîtraient aussi toute limitation géographique d’implantation pour les banques, et (en trois phases), les restrictions au marché du RMB.
Outre-Pacifique, ces offres ont été jugées assez sérieuses pour que la négociatrice Ch. Barshefsky se déplace une ultime fois à Pékin, pour finaliser un accord bilatéral, à signer par le Premier Ministre Zhu Rongji (l’artisan chinois de ces concessions), le 8 avril à Washington.
De son côté, W. Daley, Secrétaire d’Etat au Commerce, passe cette semaine à Pékin, Shanghai et Canton, dans la perspective d’un somptueux cadeau chinois aux télécoms américains : le feu vert à la technologie CDMA (Code Division Multiple Access) qui briserait enfin le monopole (GSM)de China Telecom. Pour le service, ce réseau reviendrait à China Unicom (le rival encore dans les langes), et pour les fournitures, à Motorola, Lucent Tech. et Qualcomm (dont le suédois Ericsson, rien n’arrive par hasard, prend au même moment le contrôle partiel).
Le marché pourrait atteindre, d’ici 2004, 30% du total, et 16MMUSD. Un contrat d’une telle magnificence aurait pour intérêt de faire avorter l’actuelle campagne antichinoise aux Etats-Unis, voire de permettre à Zhu de limiter ses concessions de dernière minute à l’OMC. Un dossier demeure irrésolu : celui des tarifs douaniers « en pic » (que la Chine maintient hauts, pour s’en protéger, tout en offrant, sur les produits les moins dérangeants,de fortes baisses, afin d’arriver à un tarif optiquement bas pour le « paquet » dans son ensemble).
Sommaire N° 13