A Berne, le gouvernement helvétique avait préparé de longue date la réception du Président Jiang. Mince mais bruyante et décidée, une manifestation en faveur du Tibet a gâté la cérémonie : Jiang Zemin refusa la haie d’honneur, et déclara à Ruth Dreifuss, Présidente de la Confédération (son homologue) que son pays avait « perdu un ami », tout en déplorant de n’avoir été traité « poliment », allant jusqu’à demander à ses hôtes s’ils savaient comment se dirige un pays…
Mauvaise ambiance donc. L’image du Président chinois en suisse ne peut en sortir renforcée, et les industriels helvètes se demandent quelles seront, pour eux, les conséquences. Pour le geste attendu par la Suisse, la désignation du pays comme « destination-cible » pour les groupes touristiques chinois, il faudra attendre !
Pourquoi Pékin rouvre-t-elle, la semaine dernière, le dossier « relations avec le Vatican », en panne depuis des décennies ? Parce que l’Italie, 1ère étape de la tournée européenne du Président Jiang, est demandeuse de normalisation. La Chine réclame la rupture avec Taipei (la Curie est d’accord), et la fin des liens organiques avec le Clergé chinois – le maintien de l’interdiction en Chine des lettres pastorales du Pape, lues en chaire ailleurs dans le monde catholique… Ce qui serait, pour le Saint Père, trahir son église « de l’ombre » – impossible, donc. Quant à Pékin, elle a le temps.
Sommaire N° 13