A la loupe : Droits de l’homme : l’Union Européenne passe, les Etats-Unis parlent

Il est rare d’entendre critiquer la Chine sur la scène internationale, et celle-ci remercier avec effusion son détracteur. Plus encore, quand le terrain choisi est celui, tabou entre tous, des Droits de l’Homme. C’est pourtant ce qui s’est passé mardi 23 à la Commission « ad hoc » des Nations Unis à Genève, qui entamait ses 6 semaines de travaux.

Au nom du Conseil Européen, l’allemand Joshka Fischer considérait l’attitude de Pékin « inacceptable », « en dessous des normes internationales », et ayant imposé une « forte tension » dans le dialogue euro-chinois…La réponse de Pékin fut claire et nette : (la position de l’Union Européenne) « est positive, et permettra de renforcer le dialogue et la coopé bilatérale »… 

C’est que J. Fischer annonçait (ou plutôt, justifiait), par ses paroles « fermes », la renonciation des 15 à déposer une motion de condamnation, malgré le durcissement cet hiver, de Pékin face à ses contestataires. Avec sa Commission décapitée, et l’imminence des frappes aériennes  alliées contre Belgrade, l’Union Européenne avait d’autres soucis plus immédiats à gérer.

C’est le moment qu’a choisi B. Clinton, confirmant son talent pour les coups de théâtre, pour relever le gant et annoncer le dépôt d’une motion. Clinton, le plus solide ami de la Chine à l’Ouest, récusait l’an passé à Shanghai, aux côtés de Jiang Zemin, toute tentative taïwanaise d’indépendance.

Aujourd’hui, il se dédouane à peu de frais vis à vis de à son opinion – Pékin relève, sans doute justement, que cette motion n’a aucune chance de passer dans cette commission très Tiers-Monde, et partageant la sensibilité chinoise. Mais le Président américain (qui n’a plus rien à quêter en politique, sauf une place dans l’histoire), rappelle à quelques jours de l’arrivée de Zhu Rongji, que les Droits de l’Homme restent, pour les Etats-Unis, une cause non négociable.

 

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