Le barrage des 3 Gorges manque de fonds. Sur les 9,6MMUSD que coûtera la seconde tranche des travaux, seuls 6,6 sont fournis. L’Etat compte réunir le solde par emprunts et bons du trésor. A mesure que le budget flambe (trois fois l’estimation initiale), s’éloignent les temps du financement public exclusif.
Jusqu’à hier, quand un organe financier allait mal, Pékin le recyclait auprès d’une grande banque, qui vendait les actifs et tentait de recouvrer les créances. Avec l’affaire GITIC (Guangdong International Trust and Investment Corporation), il a fallu passer en janvier 1999, à la faillite, les créanciers étant priés de s’adresser au tribunal : méthode « saine », mais peu au goût de l’étranger.
Ce mois-ci, on revient à une méthode plus douce : la banque Everbright reprend la China Developpment Bank (CDB) sa filialeChina Investment Bank (CIB), aux actifs de 80 MMY, mais perclus de mauvais prêts en Y (50%) et en devises (80%).
Reprise de la moitié du personnel, de 29 des 49 bureaux régionaux, des 137 agences – et des dettes. La CDB empoche les 20 autres bureaux, (il n’en avait qu’un jusqu’alors). Ce qui fait d’elle, selon les experts chinois, le grand vainqueur de l’affaire, ayant hérité d’un réseau national, « gratuitement » – en laissant les dettes à Everbright. Après 5 ans d’existence comme outil étatique, la CDB peut devenir une vraie banque commerciale.
Jusque hier, la Chine importait 200000t de coton qu’elle réexportait transformé (1er producteur mondial). Bas rendement et chute des cours ont imposé en 1998 une vigoureuse saignée : 5 M de navettes supprimées (10M d’autres suivront). Résultat, en janvier 1999, la Chine a exporté 10300t (+ 91%) et importé 10Mt (- 85%) : elle devient exportateur net.
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