A la loupe : Hong Kong : une justice innocemment frondeuse

Février avait vu une mini tempête entre la Chine et sa Région Administrative Spéciale (RAS), provoquée par un jugement de la Cour d’Appel suprême de Hong Kong qui estimait, contre Pékin, 300000 « parents »cantonais de Hongkongais, éligibles à l’immigration. Il avait fallu des remontrances officieuses chinoises, pour forcer la justice du rocher à se déjuger.

30 jours après, celle-ci récidive par la voix d’un petit juge de Première Instance, J. Findlay, qui dénie à un village des Nouveaux Territoires, le monopole du droit du vote à ses anciens, au titre des droits ancestraux. Pire, ce M. Justice griffe au passage le gouverneur C. H. Tung, accusé de négliger « la protection des droits de la personne, dans le domaine de la loi publique ».

L’impact de ce jugement est considérable : à moins que la RAS n’y mette bon ordre, jusqu’à 2 millions d’hommes et de femmes des Nouveaux Territoires (un tiers de la population globale) pourraient être admis à un scrutin local, prévu pour fin du mois.

Qu’on se rappelle : le point focal des cinq années de tension entre Chine et Royaume Uni, précédant la restitution de la Colonie, concernait le droit de vote, que le dernier gouverneur britannique Sir Chris Patten voulait étendre, en remplaçant le moule archaïque colonial, par un système plus démocratique et adapté au cahier des charges d’une 8. Puissance économique mondiale. Le jour-même de la dévolution, Pékin avait rétabli l’ancien système.

Le hasard fait que la justice Hongkongaise, pour la seconde fois en un mois, rend un verdict contraire à la volonté de l’autorité chinoise. C’est sans doute inévitable, vu l’indépendance, tous comptes faits bien réelle,  du système judiciaire. Mais jusqu’où Pékin pourra t-elle aller, sans fragiliser sa propre position, dans cette « démocratisation par la loi », au nom du respect de son propre principe, « un pays, deux systèmes »?

 

Avez-vous aimé cet article ?
Note des lecteurs:
0/5
0 de Votes
Ecrire un commentaire