Pol : Culture et politique…

Lors de sa conférence de presse, Zhu Rongji a cité Jean Jacques Rousseau (l’Emile, les Confessions), William Shakespeare (le Marchand de Venise, dont Zhu Rongji décrit une scène, pour appuyer sa théorie sur les conséquences du crash de la GITIC)…Œuvres qu’il aurait lu au lycée, en traduction.

Cet étalage d’érudition est nouveau chez Zhu Rongji. Mais pas chez Jiang Zemin, qui ne peut sortir en Russie sans chanter ou discourir en russe (dans le texte), aux Etats-Unis sans citer poètes, romanciers ou philosophes du cru, ni même à Hawai sans s’accompagner de la guitare locale…

Lors du Plenum, Jiang Zemin est passé à l’étape suivante, en publiant à la Une du Quotidien du Peuple deux poèmes de son pinceau – l’un, de 1991, parlant des «difficultés» et du «mauvais temps», l’autre, de 1998 (écrit durant le Plenum de l’ANP -peut-être durant un long discours), évoquant la «renaissance» du pays. Mao Zedong lui aussi, publiait des recueils de poèmes…Et le leadership suit la chaîne des inspirations.

Quelques bonnes phrases de Zhu Rongji

• visite aux USA, «champ de mines»:

 «quand j’irai en avril aux Etats-Unis, je m’attends à des réactions hostiles ou inamicales. Beaucoup de média m’ont prédit que j’allais à l’échec. Mais j’irai de toute manière, pour dire la vérité,entendre les plaintes et ventiler la colère, condition nécessaire pour permettre la reprise des bonnes relations»

• accusations d’espionnage de secrets militaires:

« je vais vous dire la vérité : les USA ont commis deux erreurs.

D’abord, en sous-estimant leur propre capacité à conserver les secrets. A ce que je sais, ce centre de recherche de Los Alamos est très compartimenté, les règlements y sont draconiens, personne ne contrôle toute une filière: comment voulez-vous qu’un seul chercheur ait pu sortir tout le dossier? D’ailleurs, jusqu’à présent, ils n’ont trouvé aucune preuve pour étayer ces accusations.

Puis en sous-estimant la capacité des Chinois à faire de la recherche, y-compris en haute technologie. Avec du temps, on arrive à tout…Les USA comme la Chine, ont déjà connu dans leur histoire, une époque où l’on traitait ses voisins en ennemis, où tout le monde avait peur de se faire dénoncer. Chez nous, cela a été la Révolution Culturelle» (aux USA, le Mac Carthysme et la chasse aux sorcières de Salem; sous entendu: Zhu conseille aux USA de résister à la tentation de l’hystérie NdlR)

• droits de l’homme : « à Pékin, j’ai dit à Madeleine Albright que je défendais les droits de l’homme depuis plus longtemps qu’elle -ah bon?, m’a t’elle répondu/ -vous n’y croyez pas?, lui ai-je dit : -j’ai dix ans de plus que vous, et quand je défendais les droits du chinois contre les exactions du KMT, vous étiez encore à l’école ».

• sur l’OMC (NB ceci est nouveau dans la position chinoise) :

«En 13 ans de palabres, nos négociateurs ont vu leurs cheveux noirs passer au gris : il est temps de conclure! La Chine a déjà renforcé sa supervision et ses réglementations, ainsi que sa capacité à faire face à des problèmes qui pourraient survenir après l’admission à l’OMC.

Aussi, la Chine est prête à faire les plus grandes concessions en ses moyens. La Chine va ouvrir à l’étranger ses services des télécommunications et le commerce du Renminbi – nous sommes en train d’élaborer les détails! »

L’avis du petit peuple :

Traditionnellement non politisé, le pékinois apparaît cette fois autant critique contre son Parlement, que le parlementaire lui, fait preuve de prudence pour conserver sa place.

A son édile, il a donné deux sobriquets : le premier, jia, da, kong, signifie « faux, exagéré et vide ». Le second,  san shouren, se traduit par «l’homme aux trois mains» : l’une pour donner des poignées aux nombreux guanxi (relations), l’autre pour applaudir les discours, la dernière pour voter (main en l’air).

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