L’espoir d’une nouvelle donne pour le Tibet, entre le Dalai Lama et Pékin a duré 5 mois avant de retomber en quatre temps, suivant ceux du moteur atmosphérique:
1. injection: en juillet à Pékin, Bill Clinton, offre à Jiang Zemin (relancé par Lionel Jospin et Tony Blair cet automne) de rencontrer le Dalai Lama. Jiang accepte, si ce dernier reconnaît le Tibet, Taiwan, parties de la Chine.
2. compression : fin octobre, des proches du Dalai suggèrent un deal : visite du Damai à Pékin, et à Wutaishan (pèlerinage), en échange de l’annonce, par le Dalai lama aux USA, de la renonciation à l’indépendance.
3. explosion : dénégations irritées de Pékin (du deal, non des négociations), qui relève la "mauvaise foi" du DL.
4. échappement : aux USA, le Chef Spirituel pense qu’il n’y a plus lieu "d’ajouter quoique ce soit qui conduise à de nouvelles accusations".
Conclusion : Une occasion perdue. Pékin semble avoir du mal à voir ce qu’elle pourrait gagner d’un accommodement. L’administration locale, transplantée, sans doute plus encore. Au passage, on note le parallélisme de difficultés avec une autre autorité morale, ne disposant comme le bouddhisme tibétain, ni d’un pouvoir financier, ni de moyens de pression diplomatique : le Vatican. (alors qu’une nouvelle vague de répressions est signalée dans deux villages de la province du Henan. NB).
Sommaire N° 36