A la loupe : YANG SHANGKUN, PROTÉE de la politique chinoise

Vient de disparaître, à 1992 ans, un des 4 derniers « immortels » (rescapés de la Longue Marche): Yang Shangkun, l’ex-patron (1982-1992) de l’Armée Populaire de Libération (APL) et Président (1988-1993) de la République. Les jeunes chinois gardent de lui l’image de l’homme ayant fourni au Patriarche, les troupes dont il manquait pour réprimer les étudiants place Tian An Men.

Mais Yang, comme d’autres leaders chinois, était d’une fibre plus complexe: il est aussi celui qui, en 1987, a convaincu Pékin et Taibei d’ouvrir le rideau de bambou aux chinois nationalistes; celui qui, en 1992, accompagnait Deng dans son voyage historique à Canton, pour une relance (contestée par ses pairs) de la réforme;enfin celui qui, depuis 1994, plaidait (en vain) pour la révision du jugement officiel sur le Printemps de Pékin (« conspiration anti-socialiste pour renverser le régime »)…

Après 1990, Yang a été victime de son ambition: ayant placé son frère et sa famille aux niveaux supérieurs de l’armée, cherchant à bloquer Jiang Zemin dans sa course au sommet, il a été désavoué par Deng, soucieux de l’unité du Parti, qui a cette fois fermement soutenu son héritier choisi, Jiang. C’était alors la fin de carrière pour Yang- comme pour tous les vieux barons « grognards » de l’empereur sortant. C’était aussi, pour l’armée, la perte de son dernier leader historique, et de ses leviers de pouvoirs politiques. Après Yang Shangkun, l’Armée Populaire de Libération (APL) sousZhang Wannian et Chi Haotian(que l’on dit gendre de Yang), n’a plus qu’une voie: le passage à une armée de métier, grande muette!

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