Temps fort : CE QUE VEUT PÉKIN

Hôte du sommet, auréolé par sa bonne image d’un pays capable de ne pas dévaluer (pourtant sur ses épaules le poids de la stabilité financière asiatique), Pékin ne s’est pas privé de dire ses desiderata, avant l’atterrissage à Xi’an du Boeing bleu et gris Air force 01:

[1] Jiang Zemin attend une concession sur Taiwan, qui aboutirait à la signature d’un 4. Protocole sino-US « spécial Taiwan » (officiellement la « plus importante question bilatérale, entre Chine et USA »).

Il s’agirait de s’engager à tarir les exports US d’armes vers l’île nationaliste, en échange d’une garantie chinoise de non export de technologies nucléaires. Clinton a déjà offert une invitation de l’Armée Populaire de Libération (APL) aux exercices de la US Army, dès cet été, comme observateur à ses exercices, et en été 1999, comme participant.

[2] Pékin attend la levée des dernières sanctions (imposées avec l’Europe en 1989), embargo sur les livraisons high technologie  militaires, électroniques et spatiales. Notamment pour poursuivre sa fructueuse coopération avec Loral et Hughes, géants du satellite, aux implications dépassant probablement le domaine civil.

[3] Pékin veut aussi que les USA reprennent leurs subventions aux exports, par garanties  à des prêts privés, comme vient d’en bénéficier Helwett Packard, avec 10 millions USD pour fournitures médicales.

Cependant, la plus pressante des demandes chinoises est celle la moins exprimée: Jiang Zemin attend, depuis des années, ce sommet pour renforcer sa stature de leader mondial. Zhu Rongji de même, pourrait avoir bien besoin des couronnes de lauriers américains, pour faire taire les critiques et calmer l’exaspération des catégories (ouvrières, fonctionnaires) sacrifiées dans le maelström des restructurations en cours. Tout en incitant factions et alliés, à rester fermes dans leur soutien à sa politique.

 

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