1,5M de votants, soit 53% des inscrits, quand on en attendait 30%: les élections du 24 mai à HongKong ont révélé l’attachement, de gens qu’on disait désabusés, au principe électoral. Autre surprise: HongKong reconduit au Legco (son Parlement), le Parti Démocrate, qui avait été chassé de l’échiquier politique le 1er juillet 1997, jour du retour à la mère patrie, et tous ses ténors (sentant le souffre à Pékin) comme Martin Lee.
Toutes tendances confondues, 13 députés sont démocrates, sur les 20 directement élus. On est loin de la majorité (le Legco compte 60 membres), mais le P.D., 1er Parti (43% des voix), a une légitimité, qui lui permet de revendiquer l’accélération de l’accès au suffrage universel, normalement prévu pour 2007. Face à cet étonnant réveil politique à HongKong, la réaction de Pékin est complexe: fierté de démontrer qu’elle a tenu sa parole et n’est pas intervenue dans les affaires de sa RAS, embarras des ultra et des services de propagande, mais aussi, intérêt non dissimulé.
C’est que le Parti est en train d’esquisser, au plus haut niveau, sa propre réforme politique, avec plus d’indépendance au pouvoir judiciaire, de recours du citoyen contre l’État, d’élections intermédiaires. Ces projets devraient être dévoilés par Jiang Zemin d’ici fin de l’année, si le choc de la réforme, façon Zhu Rongji, ne dynamite pas la stabilité.
Dans ce contexte, Pékin découvre le capital d’expérience de HongKong sur cette terra incognito de la démocratie moderne. Et comme l’opposition hongkongaise ne parle plus d’autonomie, se définissant comme « fille de la nation », le climat change. Dans ces conditions, entre Pékin et HongKong, sur ce terrain, il y a peut-être plus matière à entente, qu’à bataille!
Sommaire N° 20