Editorial : La Chine aux portes de l’OMC

En grinçant, mais sans arrêt, s’ouvrent pour la Chine les portes de l’OMC, l’organisation mondiale du commerce.

A Vancouver, la toute dernière offre chinoise aux USA (concernant l’accès des produits agricoles, électroniques et des services en Chine) a été jugée substantielle. Même son de cloche à Bruxelles, après l’offre du mois dernier, portant surtout sur l’accès aux services: déclarée intéressante mais pas assez sûre quant à l’application future sur le terrain…

A présent cependant, un durcissement chinois est attendu par l’Ouest:

[1] La passation de pouvoir de Li Peng à Zhu Rongji en mars 1997, et les nominations en cours des futurs ministres « économiques », gèlent les dossiers;

[2] La tempête monétaire sur l’Asie, dont la Chine a été préservée par sa non convertibilité, renforce le lobby anti-OMC (ministères, Grandes Entreprises d’Etat, provinces attardées), qui revendiquent un report de l’accession, « vers l’horizon 2010 ».

[3] Toujours selon les mêmes, Pékin « n’aurait plus besoin de l’OMC », ayant déjà tout l’accès commercial désiré, avec 43MMUSD d’excédents aux USA, et 17,6MM en Europe. Ce risque de « lassitude chinoise » envers le club mondial, pourrait, dit on, inciter les Occidentaux à donner à la Chine un « feu vert politique », laissant en suspens les derniers points noirs économiques…

C’est donc une Chine forte comme jamais, qui abordera dans quelques jours le « round » multilatéral à Genève.

Force malgré tout contrebalancée par 3 objections:

– C’est la Chine qui a demandé à entrer à l’OMC et non l’inverse;

– la crise monétaire et boursière de l’Asie n’est pas conséquence de son ouverture, mais de la manière dont ces pays ont mené leur restructuration;

– et les très gros investissements dont aura besoin la Chine pour poursuivre sa croissance, passeront obligatoirement par l’OMC!

 

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