A Washington semaine passée, Tung Chee Hwa, patron de Hong Kong, a dû essuyer les avertissements des autorités US: le Secrétaire d’Etat Madeleine Albright, le Sénat, Bill Clinton. L’Amérique s’inquiète du pas en arrière (imposé par Pékin) aux législatives de 1998: 20 sur 60 seulement, éligibles au suffrage universel comme avant’ 95…
«C.H.» a balayé ces remontrances d’un revers de main: «Nous autres Asiatiques voyons les choses différemment!»: réplique qui eût pu être «soufflée» par Lee Kwan Yu, l’ex-leader de Singapour qu’il venait de voir, inventeur du «néo-autoritarisme», ombrageusement anti-occidental.
L’important, bien sûr, n’est pas là: le retour à la Chine a créé pour Hong Kong un rapport de force que peu avaient prévu. Otage de Pékin sur les affaires de Droits de l’Homme, CH.Tung l’est aussi des USA. Donc, en vertu du principe de «moins par moins donne plus», il est maître du jeu, en position de contenir les 2 bords, au nom de leurs capacités respectives de nuisance sur Hong Kong, l’enclave essentielle pour chacun.
De ce fait, Tung jouit d’une marge de manoeuvre supérieure à celle dont disposait Chris Patten, fonctionnaire de sa Majesté. La preuve: Tung brille par son absence au 15. Congrès qu’en bonne logique, nouveau vassal, il n’eût pas dû manquer. Peut-être, tous comptes faits, de son retour à la mère patrie chinoise, la nouvelle Région Administrative Spéciale (RAS) se retrouve renforcée, et non fragilisée!
Sommaire N° 31