Sous un plafond bas de nuages, la Chine passe cette fin d’été écrasée de chaleur et de silence des média.
Ce qui ne veut pas dire que rien ne se passe, entre le conclave estival à Beidaihe des grands du régime (du 10 au 15 août) et le 15. Congrès du Parti, d’ici quelques semaines.
Un homme qui semblait insubmersible, Qiao Shi, a vu sa position s’affaiblir au point que la perte de son siège de Président de l’ANP (le Parlement) est désormais probable: Qiao, frappé par la limite d’âge et surtout son militantisme pour une réforme politique renforçant « sa » maison, le Parlement. Parmi les promotions décidées à Beidaihe, figurait la reprise de l’ANP par le 1er Ministre Li Peng. Apparemment, ce «parachutage» n’a pas plu à d’influents parlementaires. D’où, pour le Politbureau, l’urgence de trouver un homme plus acceptable…
Mais d’autres incidents sont plus frappants encore: telle la publication par un obscur chercheur, le prof. Shang Dewen, d’un pamphlet incendiaire pour la démocratie en Chine: Shang réclame, pour le bien du socialisme, la convocation d’États Généraux, la rédaction d’une nouvelle constitution, des élections et une presse libre, la séparation des pouvoirs… D’autres ont été (sont) en prison pour moins que cela. Le pedigree marxiste impeccable de Shang n’explique pas à lui seul la magnanimité du régime à son endroit. Ces derniers temps, on a vu le Quotidien du Peuple tonner contre les idéologues gauchistes, et Jiang Zemin suggérer la possibilité d’une ouverture à davantage de réformes…
Tous ces indicateurs faibles et confus, permettant au moins de poser une question nette: le Politbureau aurait-il concédé la chute de Qiao Shi en échange d’une prise en compte partielle de ses idées réformatrices?
Sommaire N° 28