Au jour «J» moins 90, Hong Kong et Pékin serrent les derniers boulons pour le rendez-vous historique. Le Parlement provisoire (nommé par Pékin, suivant un processus complexe, loin des urnes) s’apprête à désigner son successeur- 961 candidats en lice- sous les sarcasmes du Parti démocratique de Martin Lee, majoritaire au Legco (Parlement colonial, condamné à disparaître au 1er juillet).
L’Association de la presse et les intellectuels expriment par des pétitions leurs peurs d’un recul des libertés, suite à l’abolition (voulue par Pékin) de certaines lois… Pékin avoue qu’elle interdira «spécialement» l’entrée à Hong Kong aux séparatistes de Chine (Xinjiang, Tibet…): éviter la contamination réciproque apparaît une priorité majeure!
L’arrivée de l’APL – l’armée chinoise, en remplacement de la garnison de Sa Majesté, est imminente, ainsi que la fermeture des frontières, du 15/6 au 15-7, aux touristes chinois, afin de maintenir dans la RAS (région administrative spéciale) un semblant de calme.
De sérénité, c’est peut-être ce dont Hong Kong manque le plus.
Tardivement combattue par le Gouvernement, une spéculation foncière effrénée par les «patriciens propriétaires», empêche le citoyen d’accéder au logement: les protestations se font violentes (menaces de mort anonymes, fausse alerte au gaz Sarin dans le métro)… Et c’est aux premiers résultats de l’action anti-spéculative qu’on attribue la chute de la Bourse de 560 points (5%) en 48 h. Hong Kong entre décidément dans les eaux troublées du grand chambardement et du saut dans l’inconnu!
Sommaire N° 13