De milieux de l’ONU, mauvaises nouvelles de Corée du Nord: la ration moyenne en est à 200 grammes par jour de riz, malnutrition et scorbut endémique chez les enfants et d’ici juin, les greniers seront vides. 3 années noires (1994 = grêle, 1995 et 1996 = inondation) n’expliquent pas tout: il y a aussi la fin (1991) du Comecon qui tenait Pyongyang la tête hors de l’eau, et la sclérose d’un régime de vétérans.
A présent, le bol de riz coréen, (l’avenir du régime?) semble dépendre d’un contrat (aléatoire!) avec Cargill, la multinationale céréalière, pour 500 000t de grain troqué contre du phosphate…
En quoi cela concerne t’il la Chine, avec une crise économique ET politique totale? Avec la fuite en Chine d’un très haut cadre de Corée du Nord, Hwang Jang Yop et le limogeage, semaine passée, du ministre de l’agriculture, Pyongyang risque à présent, non une révolution mais une migration sauvage de millions d’affamés vers la Chine (Jilin et Liaoning) et Corée du Sud.
Très consciente du problème, Pékin, épaulée par les agences des Nations Unies, aide son voisin-vassal : 700 000 t de vivres livrés en 1997, et 5000 t d’orge rapide, qu’on vient de semer dans l’espoir d’obtenir deux récoltes.
En quoi cela concerne t’il les compagnies étrangères présentes en Chine? A cause de la ZES, la zone économique spéciale de Tumen, sino-russo-coréenne, démarrée en 1993, et qui décolle juste. 40 lois adoptées en 3 ans (calquées sur celles de Chine), 285 M USD de crédits étrangers engagés dans des projets hôteliers et d’infrastructures.
Les industriels Sud-coréens piaffent à la porte de ce qui devrait devenir, pour de longues années, la ZES la moins chère d’Asie, aux investissements protégés par trois et (d’ici fin 1997) huit accords bilatéraux.
Sommaire N° 10